La présidentielle est terminée en Zambie, mais la confrontation politique, elle, est loin d’être achevée. Brian Mundubile, principal adversaire du président réélu Hakainde Hichilema lors du scrutin du 13 août, a été inculpé pour trahison avec 17 autres opposants.


La présidentielle est terminée en Zambie, mais la confrontation politique, elle, est loin d’être achevée. Brian Mundubile, principal adversaire du président réélu Hakainde Hichilema lors du scrutin du 13 août, a été inculpé pour trahison avec 17 autres opposants. Les autorités zambiennes reprochent à l’ancien candidat d’avoir menacé la sécurité nationale et affirment que des armes auraient été découvertes à son domicile. Des accusations fermement rejetées par l’opposition, qui dénonce une procédure politique et nie toute préparation d’une insurrection armée.


Des armes découvertes selon les autorités

Arrivé deuxième de la présidentielle, Brian Mundubile avait refusé de reconnaître les résultats proclamés en faveur d’Hakainde Hichilema, contestant ainsi la réélection du chef de l’État. Au lendemain du scrutin, les forces de sécurité avaient procédé à une perquisition à son domicile. Selon la police, plusieurs armes, dont des fusils, auraient été découvertes au cours de cette opération. Les autorités affirment que ces éléments nourrissent leurs soupçons concernant de possibles activités susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale. Recherché pendant plus de deux semaines, Brian Mundubile s’est finalement rendu aux autorités jeudi. Il demeure détenu au commissariat central de Lusaka et doit désormais répondre d’une accusation particulièrement lourde au regard de la législation zambienne. Son colistier lors de la présidentielle, Makebi Zulu, ancien proche de l’ex-président Edgar Lungu, décédé en 2025, figure également parmi les personnes inculpées. Les deux hommes contestent catégoriquement les faits qui leur sont reprochés. Ils dénoncent une affaire montée de toutes pièces par le pouvoir et réfutent toute implication dans un quelconque projet d’insurrection armée.


Une opposition sous pression

Ces poursuites interviennent dans un contexte postélectoral déjà marqué par de fortes tensions. Le 14 août, lors de la perquisition menée au domicile de Brian Mundubile, le député d’opposition et ancien ministre Mutotwe Kafwaya avait été tué par balle pendant l’opération des forces de sécurité. Plusieurs responsables et militants de l’opposition ont également été interpellés dans les jours qui ont suivi le scrutin. La situation a suscité des inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains. Amnesty International a notamment dénoncé des « arrestations arbitraires » et appelé les autorités zambiennes à garantir le respect des droits des opposants politiques.


Hichilema investi sur fond de crispations

Hakainde Hichilema a été déclaré vainqueur dès le premier tour avec environ 60 % des suffrages. Brian Mundubile a, pour sa part, obtenu près de 28 % des voix. Le président réélu doit prêter serment ce mardi 1er septembre pour entamer un second mandat à la tête de la Zambie. Mais cette investiture intervient dans une atmosphère politique particulièrement sensible. Le principal adversaire électoral du chef de l’État se trouve derrière les barreaux, inculpé pour trahison, tandis qu’un député de l’opposition a perdu la vie lors d’une opération des forces de sécurité et que plusieurs figures de l’opposition font l’objet de poursuites.


Trois semaines après le scrutin, la bataille des urnes est donc terminée. En Zambie, la contestation se déplace désormais vers le terrain judiciaire, avec en toile de fond une question majeure : jusqu’où cette crise politique postélectorale peut-elle aller sans fragiliser davantage le climat démocratique du pays ?


Ndaw