Dans la commune de Yopougon, une situation observée sur la rue de la Réconciliation, derrière la station Ola de Keneya, suscite des interrogations chez des usagers et acteurs locaux.

Dans la commune de Yopougon, une situation observée sur la rue de la Réconciliation, derrière la station Ola de Keneya, suscite des interrogations chez des usagers et acteurs locaux. En cause : une clôture présentée comme appartenant à l’imprimerie Diarra, qui empiéterait sur une partie de la voie publique et compliquerait la circulation sur cette ruelle.

La situation soulève une question simple, mais importante : les règles d’occupation de l’espace public sont-elles appliquées de la même manière à tous ?

Sur cette voie, de petits commerçants font régulièrement l’objet d’interventions des services municipaux lorsqu’il est question d’occupation de l’espace public. Dans le même temps, la clôture mise en cause continuerait, selon les témoignages recueillis, à occuper une partie de l’espace destiné à la circulation. Le contraste interpelle d’autant plus que les difficultés liées à cette clôture seraient anciennes. Selon les informations communiquées dans le cadre de cette démarche, la situation perdurerait depuis 2020.

Des démarches restées sans réponse

Pour obtenir des éclaircissements, nous avons adressé un courrier le 2 septembre 2026 au maire de Yopougon, Adama Bictogo. La démarche visait notamment à comprendre la position de la municipalité sur cette occupation présumée de la voie publique et les éventuelles mesures envisagées.

Aucune réponse à la suite de notre courrier. Une démarche directe a ensuite été entreprise auprès de la mairie. Le 14 septembre, une visite sur place devait permettre d’obtenir des explications auprès des responsables municipaux. Nous avons été orientés vers le premier adjoint au maire, Yaya Doumbia, qui nous a invités à prendre attache avec le directeur technique de la mairie, M. N’Guessan. Contacté à plusieurs reprises par téléphone, ce dernier n’a pas donné suite à notre demande de rencontre. Il a toutefois indiqué qu’un collaborateur chargé du dossier devait reprendre contact. Ce contact n’a finalement pas eu lieu.
La question de l’égalité devant la règle

Au-delà du cas particulier de cette clôture, c’est la question de l’égalité de traitement dans la gestion du domaine public qui se trouve posée. Lorsqu’une municipalité intervient auprès de petits commerçants pour libérer des espaces considérés comme irrégulièrement occupés, les mêmes exigences doivent pouvoir s’appliquer à toute occupation qui présenterait un problème similaire. Encore faut-il, bien entendu, qu’un constat administratif établisse l’existence d’une infraction. Il ne s’agit donc ni de réclamer un traitement privilégié pour certains, ni de réclamer automatiquement une sanction. L’enjeu est plutôt celui de la clarté de la règle et de son application uniforme, indépendamment du statut ou de la qualité de l’occupant. Car le domaine public est, par définition, destiné à l’usage collectif. Toute occupation particulière doit donc pouvoir être justifiée par les règles et autorisations applicables.

La mairie attendue sur des réponses précises

Plusieurs questions demeurent ainsi en suspens. La clôture respecte-t-elle les limites de la propriété concernée ? Une autorisation d’occupation de l’espace public existe-t-elle ? Les services techniques de la mairie ont-ils effectué un constat ? Si tel est le cas, quelles conclusions ont-ils tirées ?

Ces interrogations méritent des réponses de l’administration municipale.

Si la clôture est conforme aux règles en vigueur, une explication permettrait de lever les doutes. Si, au contraire, elle empiète effectivement sur le domaine public sans autorisation, les mesures prévues par la réglementation devraient pouvoir être appliquées. Pour les usagers de la rue de la Réconciliation, l’enjeu est avant tout pratique : pouvoir circuler dans de bonnes conditions et comprendre pourquoi une situation qui affecterait l’usage collectif de la voie perdurerait.

Dans une commune aussi vaste et dynamique que Yopougon, la gestion de l’espace public constitue un enjeu quotidien. Elle exige à la fois fermeté, transparence et égalité de traitement. Nous y reviendrons...

Eugène Tanoh