Le président ivoirien a signé, ce jeudi 22 octobre, au nom de la Côte d’Ivoire, l’Acte additionnel instituant le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à l’issue d’un entretien avec le...
Le président Alassane Ouattara a signé, ce jeudi 22 octobre, au nom de la Côte d’Ivoire, l’Acte additionnel instituant le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à l’issue d’un entretien avec le président de la Commission, Abdoulaye Diop. Au-delà de l’acte institutionnel, l’enjeu est celui de la coordination des politiques économiques, de la solidité des finances publiques et de la capacité des États membres à faire de l’intégration régionale un levier de prospérité partagée.

La stabilité économique ne se décrète pas. Elle se construit à travers des règles communes, des politiques publiques cohérentes et une responsabilité partagée entre les États. C’est dans cette perspective que s’inscrit la signature, ce jeudi 22 octobre 2026, par le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, de l’Acte additionnel instituant le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’UEMOA. Cette signature est intervenue à l’issue d’un entretien avec Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA. Le Pacte vise à renforcer la convergence des économies des États membres, à consolider la stabilité macroéconomique, à accélérer la croissance et à approfondir la solidarité au sein de l’Union. Derrière cette formulation institutionnelle se trouve une question déterminante pour les économies de la région : comment maintenir un environnement économique suffisamment stable pour financer le développement, soutenir l’activité et préserver les équilibres collectifs dans un contexte où les États doivent répondre à des besoins sociaux et infrastructurels importants ?
Une discipline économique qui engage tous les États
L’UEMOA ne se limite pas à un espace monétaire commun. Son ambition est également de rapprocher les performances économiques de ses membres afin que les décisions budgétaires nationales ne fragilisent pas l’équilibre de l’ensemble régional. Le Pacte de convergence constitue, à cet égard, un instrument communautaire de référence. L’Acte additionnel n° 01/2015/CCEG/UEMOA du 19 janvier 2015 prévoyait notamment des critères relatifs au déficit budgétaire, à l’inflation, à la dette publique, à la masse salariale rapportée aux recettes fiscales et à la pression fiscale. Ces indicateurs ne sont pas de simples données techniques réservées aux administrations financières. Ils permettent d’apprécier la capacité des États à maîtriser leurs dépenses, à préserver le pouvoir d’achat, à mobiliser leurs ressources et à assurer la soutenabilité de leur endettement.
La question budgétaire est particulièrement sensible. Un déficit durablement élevé peut accroître les besoins de financement et alourdir la charge de la dette. À l’inverse, une gestion rigoureuse doit permettre de préserver des marges pour les investissements publics, sans perdre de vue les besoins des populations. Pour autant, la convergence ne saurait se réduire à une course aux indicateurs. Elle doit également contribuer à créer les conditions d’une croissance durable, capable de générer des emplois, de soutenir les entreprises et d’améliorer les conditions de vie.
La solidarité régionale à l’épreuve des réalités économiques
L’autre dimension essentielle du Pacte réside dans la solidarité entre les États membres. Dans une union économique et monétaire, les économies sont liées : les difficultés d’un pays peuvent avoir des répercussions sur ses partenaires, tandis qu’une dynamique de croissance plus soutenue peut profiter à l’ensemble de la région. Cette interdépendance justifie une coordination renforcée des politiques économiques et financières. Elle appelle aussi à une vigilance collective face aux déséquilibres susceptibles d’affecter la stabilité de l’Union. La solidarité ne signifie toutefois pas que les situations nationales sont identiques. Les pays membres disposent de structures économiques, de capacités budgétaires et de besoins de développement différents. Le défi consiste donc à faire respecter un cadre commun tout en tenant compte des réalités propres à chaque économie. C’est précisément dans cet équilibre entre discipline et solidarité que se joue une partie de la crédibilité du projet communautaire.
De l’engagement institutionnel aux résultats concrets
Pour la Côte d’Ivoire, la signature de cet acte s’inscrit dans le cadre de son engagement au sein de l’UEMOA. Mais la portée réelle d’un tel engagement se mesure moins à la cérémonie de signature qu’à sa traduction dans les politiques publiques et dans les résultats économiques. La mise en œuvre du Pacte suppose un suivi rigoureux des indicateurs, une coordination entre les autorités nationales et les institutions communautaires ainsi qu’une capacité à corriger les déséquilibres lorsqu’ils apparaissent. Elle pose également la question de l’impact concret de la stabilité macroéconomique sur les citoyens. La maîtrise des équilibres financiers doit aller de pair avec la recherche d’une croissance plus inclusive, le financement des infrastructures, le développement du secteur productif et l’amélioration de l’accès aux services essentiels. En d’autres termes, la convergence économique n’a de véritable portée politique et sociale que si elle contribue à renforcer la résilience des économies et à élargir les possibilités de développement. La signature de ce jeudi marque ainsi une étape institutionnelle importante dans la relation entre la Côte d’Ivoire et l’espace communautaire ouest-africain. Le défi reste désormais celui de la mise en œuvre : faire des règles communes un instrument de stabilité, de croissance et de solidarité effective entre les peuples de l’Union. Car, au-delà des textes, la crédibilité de l’intégration régionale se jugera à sa capacité à produire des résultats mesurables et à répondre durablement aux attentes des populations.
Par Inza CAMARA


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