Après deux jours de discussions, le troisième Sommet Russie-Afrique a pris fin vendredi 30 octobre 2026 à Moscou. Quarante-huit délégations africaines y ont participé, dont 22 conduites par des chefs d'État.
Après deux jours de discussions, le troisième Sommet Russie-Afrique a pris fin vendredi 30 octobre 2026 à Moscou. Quarante-huit délégations africaines y ont participé, dont 22 conduites par des chefs d'État. Trois documents ont été adoptés pour relancer la coopération entre les deux parties. La Côte d'Ivoire y était représentée par la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, à la tête de la délégation au nom du président Alassane Ouattara. Placée sous le thème « Agir ensemble pour une coopération mutuellement avantageuse et renforcer les capacités de chaque État africain », cette édition était coprésidée par Vladimir Poutine et par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine (UA). Le mot d'ordre : dépasser les déclarations d'intention pour passer à des initiatives concrètes, en phase avec les priorités de développement du continent. À l'ouverture, Vladimir Poutine a plaidé pour une place plus importante de l'Afrique dans les relations internationales, qu'il présente comme un acteur incontournable des équilibres mondiaux. Évariste Ndayishimiye a, lui, insisté sur une coopération équilibrée, fondée sur des intérêts réciproques et des résultats tangibles pour les populations africaines. Les échanges ont couvert de nombreux secteurs : sécurité alimentaire, énergie, infrastructures, transformation numérique, éducation, nouvelles technologies. L'usage pacifique de l'énergie nucléaire et les applications civiles de l'intelligence artificielle ont aussi été au menu, signe d'une volonté d'élargir le champ de la collaboration.

Trois documents pour fixer le cap
Le principal acquis du sommet tient en trois textes : une déclaration finale sur le partenariat politique et économique russo-africain, un plan d'action conjoint pour 2027-2029, et une déclaration sur la coopération autour des applications civiles de l'intelligence artificielle. Le plan d'action sert de feuille de route pour les trois prochaines années. Il prévoit de renforcer les échanges et les initiatives communes dans des domaines clés pour les économies africaines : agriculture, énergie, infrastructures, éducation et technologies de pointe. Pour le président en exercice de l'UA, tout se jouera sur les résultats. Évariste Ndayishimiye a appelé à miser sur des projets prioritaires, avec des financements identifiés, un calendrier de mise en œuvre et des indicateurs pour mesurer les progrès. Une exigence qui revient souvent côté africain : que les engagements diplomatiques se transforment réellement en investissements, en transferts de compétences et en opportunités économiques.

La Côte d'Ivoire au rendez-vous
La présence ivoirienne s'inscrit dans la politique de diversification des partenariats menée par le président Ouattara. En le représentant, Nialé Kaba a porté la voix de la Côte d'Ivoire dans les discussions sur l'avenir de la coopération entre Moscou et les capitales africaines. Arrivée à Moscou le mardi précédant l'ouverture des travaux, la cheffe de la diplomatie ivoirienne y avait été accueillie notamment par l'ambassadeur de Russie en Côte d'Ivoire, Alexey Saltykov, et par le chargé d'affaires par intérim de l'ambassade de Côte d'Ivoire en Russie, Léon Konan Koffi. Pour Abidjan, ce rendez-vous est une occasion de suivre les nouvelles orientations du partenariat russo-africain et de repérer les pistes de coopération utiles à ses priorités : agriculture, énergie, infrastructures et innovation technologique.
Et maintenant ?
Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, le sommet de Moscou ouvre un nouveau cycle de trois ans. Le défi est désormais de transformer les engagements pris en projets réels, dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances et la quête de nouveaux équilibres économiques. Car au-delà de la portée diplomatique, c'est bien l'efficacité qui comptera. Pour les pays africains, la valeur de ce partenariat se mesurera moins au nombre de sommets organisés qu'aux retombées concrètes sur leurs économies, leurs infrastructures et le quotidien de leurs populations.
Inza CAMARA
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