Par Roseline BAH Longtemps perçu comme une activité difficile à maîtriser, l’orpaillage illégal constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs du secteur minier ivoirien.


Par Roseline BAH

Longtemps perçu comme une activité difficile à maîtriser, l’orpaillage illégal constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs du secteur minier ivoirien. Entre destruction des écosystèmes, perte de ressources économiques et fragilisation des communautés rurales, cette pratique clandestine impose une réponse collective et structurée. Dans cette dynamique, les coopératives minières apparaissent comme un véritable levier de transformation, capables de concilier exploitation artisanale, développement local et préservation de l’environnement.


Au cœur de cette vision se trouve Seydou Koné, Président de la Fédération des Coopératives Minières de Côte d’Ivoire (FECOMICI), qui défend une approche fondée sur l’organisation des acteurs, la responsabilisation des exploitants artisanaux et la promotion d’une activité minière conforme aux exigences de l’État.

Pour lui, la structuration des coopératives représente une réponse durable face à l’orpaillage illégal. Ces organisations, composées principalement d’acteurs issus des communautés locales, permettent aux exploitants artisanaux d’exercer leurs activités dans un cadre légal, encadré et plus respectueux des normes en vigueur. Contrairement aux pratiques clandestines qui échappent aux mécanismes de contrôle, les coopératives minières s’inscrivent dans une logique de transparence et de responsabilité. Elles offrent un cadre permettant d’assurer la traçabilité de la production, le respect des cahiers des charges administratifs ainsi que la prise en compte des exigences environnementales et sociales.

Implantées au plus près des zones d’exploitation, les coopératives disposent également d’un atout majeur : leur connaissance du terrain. Elles sont en mesure d’identifier les activités suspectes, d’alerter les autorités compétentes et de sensibiliser les populations sur les conséquences désastreuses de l’exploitation illégale des ressources minières.

Car les impacts de l’orpaillage clandestin sont considérables. La dégradation des terres agricoles, la disparition progressive du couvert forestier, la pollution des cours d’eau et les risques sanitaires liés aux produits utilisés dans le traitement du minerai affectent directement les populations rurales et compromettent les efforts de développement durable.

Face à ces enjeux, Seydou Koné et la FECOMICI plaident pour une collaboration renforcée entre les coopératives minières, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services techniques de l’État et les forces de sécurité. Une synergie indispensable pour améliorer la surveillance des sites, lutter contre les réseaux clandestins et protéger durablement les ressources nationales.


Au-delà de la lutte contre l’orpaillage illégal, les coopératives minières portent également une ambition économique et sociale. Elles contribuent à professionnaliser l’exploitation artisanale, à créer des opportunités pour les communautés locales et à faire de l’activité minière un véritable moteur de développement.

À travers son engagement à accompagner les coopératives dans leur structuration et leur professionnalisation, la FECOMICI entend promouvoir une nouvelle vision de l’exploitation minière artisanale en Côte d’Ivoire : une activité légale, responsable et créatrice de richesses partagées.

Pour Seydou Koné, l’avenir du secteur minier artisanal repose sur une mobilisation collective. Une mobilisation où l’État, les exploitants, les communautés et les partenaires techniques avancent ensemble vers une gouvernance minière plus transparente, respectueuse de l’environnement et bénéfique pour les générations futures.