À Tioroniaradougou, à quelques kilomètres de Korhogo, des jeunes aux parcours parfois marqués par les ruptures scolaires, le chômage ou l’incertitude ont choisi de reprendre leur destin en main.

À Tioroniaradougou, à quelques kilomètres de Korhogo, des jeunes aux parcours parfois marqués par les ruptures scolaires, le chômage ou l’incertitude ont choisi de reprendre leur destin en main. Au Centre de Service civique de Korhogo, ils apprennent un métier, retrouvent des repères et se préparent progressivement à leur insertion professionnelle. Porté par l’Office du Service civique national (OSCN), sous la tutelle du ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, le dispositif propose un cadre destiné à accompagner les jeunes en situation de rupture vers une nouvelle étape de leur parcours.


Six mois pour apprendre et se reconstruire

Le Centre de Service civique de Tioroniaradougou dispose d’une capacité d’accueil de 1 000 jeunes par an, répartis en deux cohortes de 500. La première cohorte, entrée en formation en janvier 2026, suit un parcours de six mois. Le programme associe plusieurs dimensions : resocialisation, éducation au civisme, alphabétisation et apprentissage d’un métier. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires de retrouver confiance, discipline et autonomie, tout en développant une compétence directement valorisable dans la vie professionnelle.

Les formations proposées répondent à des besoins concrets. Mécanique automobile et moto, maraîchage, ferronnerie, maçonnerie, élevage, transformation des produits locaux, froid et climatisation ou encore électricité bâtiment constituent autant de possibilités offertes aux jeunes.


Des métiers pour construire l’après

Dans les parcelles agricoles du centre, Nawa Coulibaly a choisi le maraîchage. Pour lui, cette formation représente une véritable opportunité de repartir sur de nouvelles bases.

Les résultats obtenus au cours de son apprentissage ont progressivement renforcé sa motivation. L’expérience acquise lui donne désormais l’envie de poursuivre dans cette activité et d’en faire une véritable perspective professionnelle. Dans un autre espace du centre, l’atelier de mécanique automobile accueille Marius Dolou, un ancien migrant de retour au pays. Conseillé par un ami, il a découvert dans ce dispositif la possibilité d’apprendre le métier qu’il souhaitait exercer depuis longtemps. La mécanique automobile, qu’il n’avait jamais pratiquée auparavant, est devenue pour lui une nouvelle voie. Sa formation nourrit désormais l’espoir de pouvoir travailler à son propre compte et de construire progressivement son autonomie.


Redonner des perspectives à une jeunesse en rupture

À travers ces différents parcours, le Service civique prend une dimension très concrète. Derrière les chiffres et les dispositifs se trouvent des jeunes qui cherchent à retrouver une place dans la société et à donner une nouvelle orientation à leur vie. L’enjeu dépasse ainsi le simple apprentissage technique. Il s’agit également de restaurer la confiance, de transmettre des valeurs citoyennes et de permettre à chaque bénéficiaire de se projeter dans l’avenir avec une compétence et un projet. Cette ambition s’inscrit dans une dynamique nationale plus large. Selon le bilan du Gouvernement pour la période 2011-2025, 55 496 jeunes avaient bénéficié des dispositifs de Service civique en 2025. À Korhogo, cette politique se traduit aujourd’hui par des gestes simples mais déterminants : apprendre à cultiver, réparer un véhicule, construire, transformer des produits ou encore maîtriser une installation électrique.


Autant de savoir-faire qui peuvent devenir les premières pierres d’un parcours professionnel durable.

À Tioroniaradougou, le pari est donc celui de la seconde chance : offrir à des jeunes qui ont connu la rupture un environnement pour se reconstruire, apprendre et préparer leur avenir. Une démarche qui rappelle que l’insertion professionnelle commence parfois par une opportunité, un encadrement et la possibilité de croire à nouveau en ses capacités.


Par Roseline BAH