Lundi 2 novembre 2026, au cabinet du ministère sénégalais de la Jeunesse et des Sports, à Dakar, deux ministres se sont assis autour d'une même table. D'un côté, Djirèye Clotilde Coly, qui accueillait. De l'autre, son homologue ivoirien, Adjé Silas Metch.


Lundi 2 novembre 2026, au cabinet du ministère sénégalais de la Jeunesse et des Sports, à Dakar, deux ministres se sont assis autour d'une même table. D'un côté, Djirèye Clotilde Coly, qui accueillait. De l'autre, son homologue ivoirien, Adjé Silas Metch. Au menu de cette séance de travail, organisée en marge des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) : le rapprochement sportif entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal.

Le sport se joue aussi autour d'une table

On l'oublie parfois : le sport ne se construit pas seulement sur les terrains. Il avance aussi dans les salles de réunion, au fil des échanges entre institutions et des partenariats noués d'un pays à l'autre. C'est dans cet esprit que les deux ministres ont voulu aller au-delà des politesses d'usage et faire de la proximité entre Abidjan et Dakar un vrai levier : partager les expériences, mutualiser les compétences, faire progresser le sport de part et d'autre. Le moment s'y prête. Du 31 octobre au 13 novembre, le Sénégal accueille les JOJ d'été, et c'est une première : jamais un événement olympique n'avait eu lieu sur le sol africain. Selon le Comité international olympique, environ 2 650 jeunes athlètes, venus de 204 Comités nationaux olympiques, s'y affrontent dans 25 sports, sans oublier les nombreuses activités d'engagement prévues en marge des compétitions. Mais l'enjeu ne se résume pas aux médailles. Dakar 2026 est une belle vitrine pour le continent, et aussi une occasion de se demander ce que ces Jeux laisseront derrière eux : des infrastructures, des encadreurs mieux formés, des compétitions mieux organisées, des jeunes talents mieux accompagnés.

Deux expériences qui se répondent

C'est là que la démarche d'Adjé Silas Metch prend tout son sens. Chacun des deux pays a quelque chose à offrir. La Côte d'Ivoire a appris, avec la CAN 2023, à gérer une grande compétition internationale. Le Sénégal, lui, met à profit l'expérience d'un événement olympique inédit sur le continent. Mises bout à bout, ces expériences pourraient aider à mieux structurer les administrations sportives, à renforcer les compétences techniques et à améliorer le suivi des athlètes. Elles pourraient aussi déboucher sur des actions de formation pour les jeunes, des compétitions communes, ou la promotion de disciplines encore peu développées dans certaines régions d'Afrique. Les deux ministres disent vouloir dépasser les échanges ponctuels pour installer une coopération plus durable. Au cours de cette rencontre, les deux ministres ont échangé sur les sujets portant sur le partage d'expertise, la mutualisation des compétences et le rapprochement entre les institutions sportives des deux pays. 

Au-delà du bilatéral

Cette rencontre dépasse d'ailleurs le simple cadre Abidjan-Dakar. Longtemps vu comme un terrain de compétition et de divertissement, le sport est devenu un espace d'influence, de coopération économique et de formation. Pour un pays hôte, une grande manifestation est l'occasion de montrer son savoir-faire, de gagner en visibilité et d'attirer de nouveaux partenaires. Pour l'Afrique, cela suppose de ne pas se contenter de l'accueil des compétitions, mais d'en conserver les acquis et de bâtir des écosystèmes sportifs solides. Dakar 2026 peut y contribuer. Et la coopération ne concerne pas que les athlètes de haut niveau. Elle touche aussi la formation des entraîneurs, l'encadrement des jeunes, la gouvernance des fédérations, la médecine du sport, la gestion des infrastructures et la professionnalisation des métiers du secteur. Autant de chantiers qui demandent de se parler régulièrement et d'unir les compétences.

Reste à passer à l'acte

En recevant son homologue, Djirèye Clotilde Coly s'inscrit dans cette dynamique de dialogue. Pour Abidjan comme pour Dakar, la suite se jouera sur la capacité à transformer les intentions en actions concrètes, au bénéfice des athlètes, des institutions et des jeunes des deux pays. À l'heure où l'Afrique accueille ses premiers JOJ, cette visite rappelle une évidence : le sport africain ira plus loin si les nations avancent ensemble. Entre la Côte d'Ivoire et le Sénégal, l'ambition est claire : prolonger l'élan de Dakar 2026 en une coopération qui dure, pour un mouvement sportif africain plus structuré, plus compétitif et tourné vers l'avenir.


Thierry Adama