Le monde judiciaire guinéen est marqué par une nouvelle décision administrative. Algassimou Diallo, avocat général près la Cour suprême de Guinée, a été suspendu de ses fonctions par le ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara.


Le monde judiciaire guinéen est marqué par une nouvelle décision administrative. Algassimou Diallo, avocat général près la Cour suprême de Guinée, a été suspendu de ses fonctions par le ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara. La mesure, prise par arrêté signé le 18 août 2026, intervient dans l’attente de l’examen de son dossier par le Conseil supérieur de la magistrature. Elle fait suite, selon le document officiel, à un « manquement à ses obligations statutaires attachées à son statut de magistrat ».


Une procédure disciplinaire annoncée

L’arrêté ministériel ne détaille pas, à ce stade, les faits précis qui seraient à l’origine de cette décision. La suspension apparaît ainsi comme une mesure préalable à une procédure disciplinaire qui devra être conduite devant le Conseil supérieur de la magistrature. Cette instance sera appelée à examiner la situation du magistrat et à déterminer les éventuelles suites à donner au dossier, conformément aux dispositions statutaires applicables aux magistrats guinéens. En l’absence de précisions supplémentaires des autorités judiciaires, les contours exacts des manquements évoqués restent donc à établir.


Un magistrat associé à un dossier judiciaire majeur

Algassimou Diallo n’est pas un inconnu du paysage judiciaire guinéen. Son nom est notamment associé au procès du massacre du 28 septembre 2009, l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de l’histoire récente du pays. Nommé procureur de la République près du Tribunal de première instance de Dixinn en décembre 2021, il avait participé aux poursuites engagées contre plusieurs anciens responsables du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), dont l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Son parcours l’a ensuite conduit à la tête du parquet général près de la Cour d’appel de Kankan en novembre 2025, avant sa nomination comme avocat général près de la Cour suprême.


Une décision dans un contexte judiciaire particulier

La suspension intervient sous l’autorité d’Ibrahima Sory II Tounkara, actuel garde des Sceaux, qui connaît également le dossier du 28 septembre 2009.

Avant son entrée au gouvernement, le ministre de la Justice avait en effet dirigé le Tribunal de première instance de Dixinn, juridiction devant laquelle s’est déroulé le procès consacré au massacre du 28 septembre 2009.


Pour l’heure, aucune autre précision officielle n’a été communiquée sur la nature des obligations statutaires auxquelles Algassimou Diallo aurait manqué.

L’affaire devrait désormais connaître une nouvelle étape devant le Conseil supérieur de la magistrature. C’est à cette instance qu’il reviendra d’examiner le dossier et de déterminer, au terme de la procédure disciplinaire, les éventuelles mesures à prendre.


Ndaw