L’agriculture ivoirienne franchit un nouveau pas vers une meilleure articulation entre formation, recherche et innovation.


L’agriculture ivoirienne franchit un nouveau pas vers une meilleure articulation entre formation, recherche et innovation. À Attoban, ce jeudi 6 août 2026, l’Institut National de Formation Professionnelle Agricole (INFPA) et l’Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG) de Daloa ont signé la convention « ACE Innovate », un partenariat stratégique qui ambitionne de rapprocher les connaissances scientifiques des réalités du monde agricole. Portée par le Directeur Général de l’INFPA, Dr Ayenan Marc-Olivier, et la Présidente de l’UJLoG, Professeure Adohi Krou Viviane, cette convention s’inscrit dans la dynamique des Centres d’Excellence Africains (ACE/CEA), soutenus notamment par la Banque mondiale et l’Agence Française de Développement (AFD).


QUAND LA RECHERCHE RENCONTRE LES RÉALITÉS DU TERRAIN

L’enjeu de ce partenariat dépasse la simple coopération institutionnelle. Il s’agit de créer une passerelle plus efficace entre la recherche scientifique, la formation professionnelle et les besoins concrets des producteurs.

Pour l’INFPA, cette démarche s’inscrit dans la vision portée par le Ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Bruno Nabagné Koné, en faveur d’une agriculture plus compétitive, moderne et durable. « Le développement ne peut pas aller sans la recherche », a rappelé le Directeur Général de l’INFPA. Une affirmation qui résume l’ambition de cette nouvelle collaboration : faire de la connaissance et de l’innovation des instruments directement utiles à la transformation du secteur agricole.

DES INNOVATIONS AU SERVICE DES PRODUCTEURS

À travers « ACE Innovate », l’objectif est de favoriser le transfert des innovations issues de la recherche vers les producteurs et les territoires.

Cette orientation répond à un enjeu majeur pour l’agriculture : faire en sorte que les avancées scientifiques ne restent pas confinées aux laboratoires ou aux amphithéâtres, mais puissent se traduire en solutions concrètes sur le terrain. L’amélioration des pratiques agricoles, l’adaptation aux défis environnementaux, la modernisation des techniques de production et le renforcement des compétences constituent autant de leviers susceptibles de contribuer à une agriculture plus performante et résiliente. Le rapprochement entre l’INFPA et l’UJLoG devrait ainsi permettre de mieux connecter les compétences académiques aux réalités professionnelles, tout en offrant aux apprenants une formation davantage adaptée aux transformations du secteur.


UNE CONVENTION QUI VEUT PRODUIRE DES RÉSULTATS

La volonté affichée par les deux institutions est claire : donner une dimension opérationnelle au partenariat.

La Présidente de l’UJLoG, Professeure Adohi Krou Viviane, l’a résumé sans ambiguïté : « Ce n’est pas une convention qui va dormir dans un tiroir. » Derrière cette formule se dessine une exigence de résultats. Le partenariat doit permettre de faire émerger des actions concrètes au bénéfice des apprenants, des professionnels et, à terme, des producteurs agricoles. Cette approche traduit également une évolution de la formation agricole, appelée à intégrer davantage les innovations technologiques, les nouvelles connaissances scientifiques et les besoins d’une agriculture confrontée à des défis de plus en plus complexes.


FORMER AUTREMENT POUR PRODUIRE MIEUX

En rapprochant l’université et la formation professionnelle agricole, « ACE Innovate » entend contribuer à la construction d’un écosystème où savoir, compétence et innovation avancent ensemble. L’enjeu est de préparer une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux exigences d’une agriculture ivoirienne en pleine transformation.

À travers cette convention, l’INFPA et l’UJLoG font ainsi le pari que l’avenir de l’agriculture se joue aussi dans les salles de formation, les laboratoires et les espaces d’expérimentation. Une conviction qui rejoint une réalité désormais incontournable : pour produire davantage et mieux, l’agriculture doit pouvoir compter sur la recherche, l’innovation et surtout sur des femmes et des hommes suffisamment formés pour les transformer en solutions concrètes.


Roseline BAH