Ce mercredi 4 novembre 2026, la Côte d'Ivoire et le Japon ont signé l'échange de notes qui finance la deuxième phase du projet de construction de trois échangeurs dans le Grand Abidjan. Le montant atteint 12,252 milliards de yens, soit environ 48,4 milliards de francs CFA.

Ce mercredi 4 novembre 2026, la Côte d'Ivoire et le Japon ont signé l'échange de notes qui finance la deuxième phase du projet de construction de trois échangeurs dans le Grand Abidjan. Le montant atteint 12,252 milliards de yens, soit environ 48,4 milliards de francs CFA. Il doit améliorer durablement la mobilité urbaine et soutenir le dynamisme économique de la capitale économique ivoirienne.
La cérémonie s'est tenue au cabinet de la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S.E. Mme Nialé Kaba. Étaient présents le ministre des Infrastructures et de l'Entretien routier, Yacouba Hien Sié, le représentant du ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Bamba Vassogbo, ainsi que l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon en Côte d'Ivoire, S.E.M. Gomakubo Junji. Cette signature ne se résume pas à un engagement financier. Elle traduit la volonté des deux pays d'apporter une réponse concrète aux difficultés de circulation que vivent chaque jour les habitants et les entreprises du Grand Abidjan. Dans son allocution, S.E. Mme Nialé Kaba a rappelé que les embouteillages sont une préoccupation majeure pour les Abidjanais. Les longues heures passées sur la route, les dépenses en plus et la fatigue pèsent sur le quotidien bien au-delà du seul transport. Les entreprises en pâtissent aussi, entre retards de livraison et coûts d'exploitation qui grimpent. « Investir dans les infrastructures routières, c'est donc agir directement sur le bien-être des populations et sur la compétitivité de notre économie », a-t-elle souligné. La cheffe de la diplomatie ivoirienne a cité un exemple parlant : l'échangeur de l'Amitié ivoiro-japonaise Shinzo Abe, au carrefour Solibra. Selon elle, cet ouvrage fluidifie la circulation sur un axe stratégique du réseau routier abidjanais, grâce notamment à son troisième bras, qui facilite la liaison entre Marcory et Treichville. La deuxième phase prolonge cette dynamique. Les trois ouvrages prévus se situent aux carrefours de l'École nationale de police, de la Riviera Palmeraie et de la Riviera 3. Ils doivent limiter les points de conflit entre les flux de véhicules, raccourcir l'attente et rendre les déplacements plus simples dans l'agglomération. Les habitants en attendent des bénéfices très concrets : arriver plus vite au travail, accéder plus facilement aux services essentiels et passer moins de temps dans les transports. Pour les acteurs économiques, un trafic plus fluide devrait faciliter l'organisation des transports et l'acheminement des marchandises.
Le Japon confirme son engagement

L'ambassadeur Gomakubo Junji s'est dit heureux de participer à cette cérémonie, qu'il voit comme une nouvelle preuve de la solidité du partenariat entre les deux pays. Il a précisé que la deuxième phase repose sur un prêt japonais de 12,252 milliards de yens, soit environ 48,4 milliards de francs CFA. Elle fait suite à une première phase financée à hauteur de 16,137 milliards de yens, soit environ 73 milliards de francs CFA, dont les principaux travaux ont démarré en juin 2023 et se poursuivent. Dans les deux phases, il s'agit de surélever les trois carrefours concernés sur le boulevard Germain Koffi Gadeau, l'ancien boulevard François-Mitterrand, pour augmenter la capacité de circulation et fluidifier le trafic. L'idée est aussi de renforcer l'accessibilité et les capacités logistiques du Grand Abidjan, au service de son développement économique. L'ambassadeur a aussi rappelé que ce projet figure parmi les priorités du Schéma directeur d'urbanisme du Grand Abidjan, élaboré avec l'appui de la coopération technique japonaise et approuvé par le Gouvernement ivoirien. Il répond en outre aux ambitions du Plan national de développement (PND) 2026-2030, en particulier à son cinquième pilier, consacré au renforcement des infrastructures stratégiques. Évoquant la politique diplomatique de Tokyo envers l'Afrique, le représentant japonais a présenté trois axes : bâtir un continent africain en paix, faire grandir un cercle vertueux de croissance entre l'Afrique et le Japon, et promouvoir une prospérité partagée par la co-création avec les générations futures. Pour S.E.M Gomakubo Junji, ces orientations rejoignent les ambitions de la Côte d'Ivoire. Il a formulé le vœu que ce projet, une fois réalisé, approfondisse encore l'amitié et la coopération entre les deux pays.
 De la signature aux résultats

L'échange de notes est une avancée, mais tout se jouera maintenant dans l'exécution. Nialé Kaba a insisté sur trois points : une coordination rigoureuse des travaux, une bonne gestion de la circulation pendant le chantier et un entretien durable des ouvrages. Au nom du Gouvernement ivoirien, elle a aussi remercié le Gouvernement et le peuple japonais pour leur accompagnement constant. Elle a salué l'engagement de l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ainsi que le professionnalisme des équipes ivoiriennes et japonaises mobilisées.

La ministre a enfin appelé à transformer les engagements pris en résultats tangibles, avec qualité, rigueur et rapidité.

Avec cette deuxième phase, la Côte d'Ivoire et le Japon poursuivent un partenariat dont la réussite se mesure aussi à son effet sur la vie quotidienne. Pour Abidjan, où les déplacements ne cessent d'augmenter et où l'expansion urbaine pose de vrais défis, ces trois échangeurs sont un investissement stratégique. Ils devront faire passer l'engagement diplomatique et financier du papier à la route, sous forme de mobilité plus fluide, de compétitivité accrue et de meilleure qualité de vie.

Thierry Adama