Du 28 janvier au 17 août 2026, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Kalil Konaté, et son équipe ont consacré plusieurs mois à la préparation d’un plan d’action destiné à donner une traduction concrète aux missions confiées au département ministériel.
Du 28 janvier au 17 août 2026, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Kalil Konaté, et son équipe ont consacré plusieurs mois à la préparation d’un plan d’action destiné à donner une traduction concrète aux missions confiées au département ministériel.
À l’approche de septembre, le ministre annonce une série d’initiatives articulées autour d’un même objectif : renforcer les capacités productives de la Côte d’Ivoire, faciliter le financement des projets structurants et accélérer la transformation de l’économie.
Le financement au cœur de la stratégie
Parmi les priorités annoncées figure le financement des zones industrielles. L’ambition est de mettre en place des montages bancaires adaptés, notamment à travers des pools bancaires et des mécanismes de garantie, afin d’accélérer la mise en œuvre de la Taskforce dédiée aux zones industrielles. Le développement de chaînes de valeur capables de générer davantage d’exportations constitue également un axe majeur. Des modèles financiers spécifiques devraient être élaborés par filière, avec notamment des mécanismes permettant de mesurer la capacité de remboursement et de mobilisation des financements. L’expérience développée autour de la filière anacarde avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) doit servir de référence pour cette nouvelle approche. La mobilisation des institutions financières internationales est également annoncée. Il s’agira de préparer et d’accompagner les dossiers auprès de la BOAD, de la Banque africaine de développement (BAD) et d’autres partenaires au développement afin de faciliter l’accès aux ressources nécessaires au financement des projets.
SOGEDI, DAICE et CI-Engineering dans le viseur
Le ministre entend également renforcer la structuration financière du portefeuille de la Société de gestion et de développement des infrastructures industrielles (SOGEDI). Un diagnostic ciblé devrait être réalisé autour du Programme DAICE, dont le niveau de décaissement est jugé insuffisant au regard des attentes affichées. L’objectif sera de rechercher les leviers permettant d’accélérer son exécution et son impact sur le tissu productif. Autre chantier annoncé : la restructuration de CI-Engineering. Il est question de transformer les marchés récemment obtenus en une dynamique durable, à travers la régularisation juridique de l’entreprise, l’apurement de son passif, la constitution d’un portefeuille de commandes publiques et la mise en œuvre d’un plan de modernisation soutenu par de nouveaux mécanismes de financement.
Moderniser le commerce intérieur
La transformation numérique figure également parmi les priorités. Le ministère prévoit notamment d’étudier le potentiel de digitalisation des recettes du commerce intérieur et de structurer le financement d’une plateforme numérique dédiée à la collecte. Cette volonté de modernisation devrait également concerner les espaces marchands. Une nouvelle génération de marchés modernes et équipés est envisagée, avec notamment un système digitalisé de collecte des taxes à travers la Société de gestion des marchés de Côte d’Ivoire. Dans le même esprit, un programme destiné à renforcer les capacités nationales de stockage des produits des PME devrait être conçu. L’objectif est de disposer, dès l’origine, d’un dispositif susceptible d’être financé par le DAICE ou par les institutions financières internationales.
Vers une industrialisation adaptée aux territoires
La stratégie annoncée entend aussi donner davantage de place aux potentialités propres à chaque région du pays. Le développement de zones économiques spéciales devrait ainsi permettre d’accélérer l’industrialisation des territoires en s’appuyant sur leurs ressources, leurs avantages comparatifs et leurs capacités économiques. Cette approche vise à favoriser une répartition plus équilibrée des activités industrielles et à rapprocher davantage les opportunités économiques des populations. Dernier axe majeur : la lutte contre l’informalité. Le ministère ambitionne d’identifier les artisans, commerçants et « entreprenants », dont le nombre est estimé à plus de sept millions, afin de favoriser leur intégration progressive dans l’économie formelle.
Un rendez-vous annoncé pour septembre
À travers ces dix chantiers, Kalil Konaté entend donner une orientation plus structurée à l’action de son ministère, en privilégiant le financement, la digitalisation, l’industrialisation territoriale, la modernisation du commerce et la formalisation de l’économie. Après plusieurs mois consacrés à la préparation du dispositif, le ministre annonce le lancement de cette initiative pour septembre 2026. Une nouvelle étape qui se veut placée sous le signe de l’action, avec l’ambition de transformer les orientations stratégiques en projets concrets et davantage de résultats pour les entreprises, les acteurs économiques et les territoires ivoiriens.
Par Catherine Koné
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