Yamoussoukro, 19 août 2026 – La planification du système éducatif ivoirien entre dans une nouvelle phase.


Yamoussoukro, 19 août 2026 – La planification du système éducatif ivoirien entre dans une nouvelle phase. À travers les Assises nationales de la Carte scolaire 2026, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique entend faire de cet outil un véritable instrument d’aide à la décision, capable d’anticiper les besoins et d’accompagner efficacement l’évolution démographique du pays. Présidant, ce mercredi 19 août à Yamoussoukro, l’ouverture de ces assises placées sous le thème « Carte scolaire pour un apprentissage et une éducation de qualité inclusive tout au long de la vie », le ministre N’Guessan Koffi a affiché une ambition claire : faire évoluer la Carte scolaire vers un système intelligent, dynamique et fondé sur des données fiables régulièrement actualisées.

Des données pour mieux décider

Pour le ministre, la transformation de la Carte scolaire doit permettre de dépasser une simple logique de recensement des infrastructures. L’objectif est désormais de disposer d’un outil capable de croiser les données statistiques, les réalités démographiques et les outils numériques, notamment les systèmes d’information géographique. Cette évolution doit contribuer à améliorer la qualité des décisions publiques, à anticiper les besoins futurs et à optimiser l’utilisation des ressources consacrées à l’éducation. À travers cette approche, la question de l’accès à l’éducation reste au cœur de la démarche. Il s’agit de parvenir à une meilleure couverture territoriale et de faire en sorte que chaque enfant, chaque jeune et chaque adulte puisse bénéficier d’une offre éducative de qualité, indépendamment de sa condition sociale ou de son lieu de résidence.


Une école pensée au-delà des salles de classe

Dans cette nouvelle vision, la qualité d’une école ne saurait se limiter au nombre de salles de classe disponibles. N’Guessan Koffi a ainsi demandé que huit commodités essentielles soient intégrées aux normes de la Carte scolaire. Il s’agit notamment des voies d’accès aux établissements, particulièrement en zone forestière, des logements pour les enseignants en milieu rural, des cantines scolaires, des centres médico-scolaires, de l’accès à l’énergie électrique ou solaire, des forages et points d’eau potable, des latrines décentes ainsi que des aires de jeu. Autant d’éléments considérés comme indispensables pour créer un environnement favorable aussi bien aux apprentissages qu’à l’épanouissement des apprenants et des personnels éducatifs.

Anticiper les besoins d’une population en évolution

La Carte scolaire doit également accompagner une conception plus large de la politique éducative. Selon le ministre, la planification ne peut plus se limiter à la scolarisation des enfants. Elle doit intégrer l’alphabétisation des jeunes et des adultes ainsi que le développement des compétences tout au long de la vie. Cette approche vise à mieux adapter l’offre éducative aux transformations de la société et aux besoins futurs du pays. Depuis 2011, plusieurs investissements ont été réalisés dans cette perspective. Le ministère fait état de 7 678 salles de classe construites au préscolaire, 43 607 au primaire et 798 collèges au secondaire, dont 441 collèges de proximité. Le taux net de scolarisation au primaire avoisine désormais 97 %, tandis que le taux d’achèvement est estimé à 87 %, notamment chez les filles.


2026-2027 : de nouvelles capacités d’accueil

Pour la prochaine rentrée scolaire, la Carte scolaire prévoit également une nouvelle vague d’infrastructures. Selon Inza Méité, directeur des Études, de la Statistique et de la Planification stratégique du ministère, 127 écoles préscolaires, 457 écoles primaires et 65 collèges sont prévus. À cela s’ajoutent 18 collèges devant être érigés en lycées, ainsi que 2 868 nouvelles salles de classe au préscolaire et au primaire. Ces investissements devraient permettre de créer une capacité d’accueil supplémentaire estimée à 110 980 élèves au préscolaire et au primaire, tandis que le collège bénéficiera d’une capacité supplémentaire de 11 150 places en classe de sixième.


À Yamoussoukro, les Assises nationales de la Carte scolaire 2026 ouvrent ainsi une réflexion qui dépasse la seule question des infrastructures. Elles dessinent les contours d’une planification éducative davantage connectée aux réalités du terrain, aux données et aux mutations démographiques, avec une ambition : construire progressivement un système éducatif plus équilibré, plus inclusif et mieux préparé aux défis de demain.



Thierry Adama