Faire des frontières africaines des espaces de paix, de sécurité et d’intégration plutôt que des lignes de séparation : telle est l’ambition réaffirmée à l’issue de la troisième édition de l’Abidjan Border Forum, clôturée ce jeudi 22 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan.

 Faire des frontières africaines des espaces de paix, de sécurité et d’intégration plutôt que des lignes de séparation : telle est l’ambition réaffirmée à l’issue de la troisième édition de l’Abidjan Border Forum, clôturée ce jeudi 22 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan. Pendant trois jours, les participants ont réfléchi aux moyens de mieux prendre en compte les réalités des populations vivant dans les zones frontalières.

Placée sous le thème « Les peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité », cette rencontre a réuni des responsables institutionnels et des acteurs engagés dans la coopération régionale autour d’une question centrale : comment faire des frontières des leviers de développement et de rapprochement entre les peuples africains ? Représentant le Premier ministre, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, a salué l’engagement des participants. Elle a rappelé l’importance de la culture, de l’intégration et de la coopération dans la consolidation de la cohésion sociale et de la sécurité. Ces dimensions s’avèrent essentielles pour répondre aux défis auxquels sont confrontées les communautés frontalières. Au-delà des enjeux sécuritaires, les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer les liens entre les populations établies de part et d’autre des frontières. La circulation des personnes et des marchandises, le développement des activités économiques et la préservation des relations entre communautés constituent autant de facteurs susceptibles de favoriser une intégration régionale plus concrète.

Représentant l’Union africaine, l’ambassadeur Mohammed Ibn Chambas a plaidé en faveur d’un renforcement de la coopération transfrontalière et du partage d’informations entre les acteurs concernés. Cette approche rejoint les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise notamment à promouvoir une Afrique davantage intégrée, pacifique et prospère. Pour sa part, le commissaire général du Forum, Dr Diakalidia Konaté, a insisté sur la nécessité de placer les populations frontalières au cœur des politiques d’intégration. Cette orientation souligne l’importance de concevoir des réponses adaptées aux réalités locales, afin que les initiatives de coopération se traduisent par des améliorations tangibles des conditions de vie. Les travaux ont été sanctionnés par l’adoption de la Déclaration d’Abidjan sur les peuples aux frontières. Ce document entend promouvoir de meilleures conditions de vie pour les communautés frontalières, faciliter les échanges et contribuer à la prévention des conflits. Sa portée dépendra notamment de la capacité des parties prenantes à traduire les engagements annoncés en actions concrètes sur le terrain.

La clôture de cette troisième édition marque ainsi une nouvelle étape dans la réflexion sur la gouvernance des frontières en Afrique. Pour la Côte d’Ivoire et ses partenaires, l’enjeu est désormais de consolider les mécanismes de coopération, de renforcer la sécurité et de faire du développement partagé un moteur de rapprochement entre les peuples.

La prochaine édition de l’Abidjan Border Forum est annoncée à Abidjan en 2028, avec la perspective de poursuivre les réflexions engagées autour de l’intégration africaine et du rôle des communautés frontalières.

Inza CAMARA