En voici visages que l’on croyait relégués à la marge du débat public. Mais Damana Pickass, personnage à la fois anachronique et encombrant, ressurgit à Abidjan, non pas discrètement, mais en conférence de presse, comme s’il n’existait aucun passé, aucun jugement, aucune règle.

Pourtant, la justice ivoirienne, dans un éclair de cohérence, l’avait condamné et assigné à résidence à Fresco en Février 2025. Cette errance dans la capitale n’est donc pas un oubli.
C’est un acte de défiance clair et provocateur, une gifle symbolique à l’État de droit. L’impunité, chez lui, n’est plus une exception. Elle est devenue une habitude vestimentaire.

Le pyromane devenu pompier de la Constitution

Et comme si cela ne suffisait pas, Damana Pickass enfile la toge du juriste autoproclamé.
Il parle de violation de la Constitution avec l’aplomb de celui qui n’a jamais connu l’honneur du respect institutionnel.

Mais faut-il rappeler qu’en 2010, c’est bien lui, dans un geste aussi théâtral que destructeur, qui a lacéré les procès-verbaux du scrutin présidentiel, mutilant à coups de colère l’expression du suffrage universel ? Ce jour-là, la démocratie a saigné, et c’est sa main qui tenait le couteau.

L’illusion d’une opposition à l’influence fantôme

Dans son répertoire de mensonges, Damana Pickass glisse un des plus grossiers encore : faire croire que le délai de réflexion d’Alassane Ouattara pour accepter d’être candidat aurait été provoqué par une action quelconque de l’opposition.
Ce tour de passe-passe rhétorique est risible. Peut-on sérieusement parler d’influence quand on ne parvient même pas à mobiliser au-delà du cercle des convertis ?
Quand une déclaration ne dépasse pas les murs d’un quartier, elle ne peut pas faire vaciller les fondations d’un parti national. Ce n’est pas une stratégie. C’est de l’auto-persuasion dans un rêve éveillé.

Entre la foule et l’ombre, la leçon d’humilité oubliée

La vérité, brute et implacable, c’est que ceux qui peinent à remplir un carrefour n’ont pas vocation à donner des leçons à ceux qui déplacent des foules. Il y a, dans la démesure de la prétention de Damana Pikass, une forme d’aveuglement pathétique. Face à l’ouragan de soutien populaire qui entoure Alassane Ouattara, les gesticulations de Damana Pickass ressemblent à un éventail face à une tempête. Inutiles, ridicules, et désespérées.

Le passe-droit ne doit pas devenir jurisprudence

Damana Pickass nargue ouvertement la justice en foulant le sol d’Abidjan, comme si aucune condamnation ne pesait sur lui.
Comme si l’assignation à résidence prononcée par la République n’était qu’une rumeur sans effet.
Cette liberté de mouvement, qu’aucun droit ne lui accorde, est un privilège choquant. Une faveur injustifiable.

Mais un privilège, surtout quand il contredit une décision judiciaire, n’est pas une exception tolérable. C’est une anomalie inquiétante qui fragilise l’autorité de l’État et banalise la défiance envers ses lois.

La parole creuse de l’oubli impuni

Ce que Damana Pickass sert au public n’a rien d’une pensée politique. C’est un réchauffé d’indignations périmées.
Un brouhaha d’ego en quête de résonance.
Il ne parle pas pour éclairer, mais pour survivre médiatiquement.
Or, l’histoire, peu clémente envers les faussaires de vérité, saura tôt ou tard le replacer à sa juste place : en marge, là où s’empilent les hommes en conflit avec la loi .

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur

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