
En Europe, à la tête d’une prestigieuse banque suisse, Monsieur Thiam est d’une rigueur helvétique exemplaire. Il ne franchirait jamais une ligne rouge. Il respecte les textes, les délais, les procédures, les codes. Là-bas, il est dans la rationalité, l’excellence, la retenue.
Mais dès qu’il s’agit de l’Afrique, tout bascule. La même personne qui brandissait l’orthodoxie devient soudain poète des circonstances, interprète des lois, danseur d’émotions.
Quand la règle est signée à Genève, il la respecte.
Quand la loi est votée à Yamoussoukro, il la contourne ?
Faut-il conclure que, dans son esprit, l’émotion reste l’apanage du Nègre, pendant que la raison serait affaire d’Occident ?
Triste mépris que de croire que la rigueur est un costume qu’on ne porte qu’en Suisse.
L’Afrique n’est pas un théâtre d’exception aux principes, et la Côte d’Ivoire encore moins un laboratoire pour ambitions personnelles débridées.
“L’émotion est nègre, comme la raison est hellène”.
Léopold Sédar Senghor.
Sidi Koné,
militant Bouaké
































