
À trente jours de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, le paysage politique ivoirien est désormais fixé avec cinq candidats officiellement retenus par le Conseil constitutionnel. Dans ce contexte décisif, chaque camp affine sa stratégie et mobilise ses militants pour convaincre l’opinion. Pour analyser ces enjeux électoraux et apporter un éclairage sur la dynamique du RHDP, RHDP 24 reçoit, dans ce numéro de ”Face aux militants” – la tribune qui donne la parole aux cadres, militants et sympathisants du grand parti houphouëtiste, Monsieur Kragbé Philippe, cadre du RHDP et conseiller du Secrétaire Exécutif en charge de la jeunesse. Interview…
Philippe Kragbé : Bonjour Thierry Adama.
Thierry Adama : Ici, nous sommes à la tribune ”Face aux militants”, et vous connaissez déjà le principe.
Philippe Kragbé : C’est exact.
Thierry Adama : Ici, on dit la vérité, rien que la vérité. Vous êtes prêt pour le jeu ?
Philippe Kragbé : Bien entendu.
Thierry Adama : Merci. Le Conseil constitutionnel a retenu cinq candidats pour la présidentielle d’octobre prochain. Selon vous, quelles sont les chances du Président Alassane Ouattara face aux quatre autres adversaires ?

Philippe Kragbé : Merci infiniment de m’avoir invité à cette belle tribune de ”Face aux militants”. Voyez-vous, le Conseil constitutionnel a retenu cinq candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre. Et sans ambages, je dirais que le Président Alassane Ouattara part favori. Il part favori parce qu’il a un bilan éloquent, visible et perceptible sur toute l’étendue du territoire national. Les Ivoiriens, qui savent reconnaître les avancées réalisées dans les différents domaines – infrastructures, santé, éducation, développement – iront, à n’en pas douter, plébisciter le Président Ouattara au soir du 25 octobre 2025.
Thierry Adama : Justement, comme vous venez de le dire, le Président a un bilan éloquent. Nombreux sont ceux qui estiment que le RHDP mise beaucoup sur ce bilan, qu’ils jugent inattaquable. Mais selon vous, est-ce suffisant pour constituer une ligne de campagne ?
Philippe Kragbé : Bien entendu ! Lors d’une élection présidentielle, on propose quelque chose aux populations. On va chercher à se faire élire sur la base d’un programme de société. Et qui mieux que le Président Alassane Ouattara a tenu ses promesses ? Parmi les cinq candidats, il est celui qui a le plus fait et qui continue de faire pour la Côte d’Ivoire. C’est le candidat le plus crédible. Ainsi, au-delà du bilan inattaquable, les Ivoiriens iront voter pour un homme de conviction, un homme de paix, un homme qui respecte sa parole et qui fait ce qu’il dit.

Thierry Adama : D’accord. Nous avons assisté récemment au lancement de la campagne du RHDP où le ministre d’État, Monsieur Kobenan Kouassi Adjoumani, a affirmé que le RHDP vise une victoire dès le premier tour. En face, Monsieur Jean-Louis Billon déclare qu’il n’a jamais perdu une élection à laquelle il a participé. Selon vous, est-il un challenger sérieux pour le Président Alassane Ouattara ?
Philippe Kragbé : Lorsque je lis les propos de Monsieur Jean-Louis Billon, je suis tenté de sourire. On ne peut confondre des élections locales avec une élection présidentielle. Il lui manque un véritable ancrage national. Ses déclarations visent surtout à galvaniser ses militants pour obtenir un score honorable. Mais soyons clairs : le Président Alassane Ouattara sortira vainqueur de cette présidentielle au soir du 25 octobre 2025.
Thierry Adama : N’est-ce pas une façon de minimiser ce candidat ?
Philippe Kragbé : Pas du tout. À chaque élection, il faut de l’expérience. Monsieur Billon n’est pas coutumier des présidentielles. Dire qu’on n’a jamais perdu une élection relève plus de la communication pour motiver ses partisans que d’une réalité politique nationale. Il faut un ancrage solide avant de faire de telles allégations.

Thierry Adama : Je comprends. La semaine dernière, la direction nationale de campagne du RHDP, dirigée par Son Excellence Monsieur Gilbert Koné Kafana, a été présentée à la presse : 13 directeurs nationaux, 17 centraux, 47 régionaux, 350 départementaux et des centaines de locaux, le tout encadré par un comité d’orientation stratégique présidé par le Vice-président, Monsieur Tiémoko Meyliet Koné. Avec une telle machine électorale, peut-on encore parler de compétition entre le RHDP et l’opposition ?
Philippe Kragbé : Votre question est intéressante. Pour être franc, ce qui m’importe, c’est de savoir comment nous, avec cette organisation impressionnante, allons faire gagner le Président Ouattara. Les personnalités choisies sont des hommes et des femmes de terrain, pour la plupart élus, qui connaissent parfaitement leurs bases. Ils ont eux-mêmes désigné des relais dynamiques et compétents. Cette structuration solide nous place dans une position très favorable pour remporter l’élection.
Thierry Adama : Pourtant, l’opposition qualifie ce dispositif d’élitiste, estimant que la vraie campagne se mène sur le terrain et non dans des bureaux climatisés. Que leur répondez-vous ?
Philippe Kragbé : C’est une vision réductrice. Prenez par exemple le ministre Amédé Koffi Kouakou, directeur de campagne dans le Lôh-Djiboua : il est un homme de terrain, élu local et président de région. Les cadres du RHDP sont, pour la plupart, des élus proches de leurs populations. Par conséquent, ce dispositif n’est pas élitiste mais bien ancré dans la réalité du terrain.

Thierry Adama : Très bien. Une question plus personnelle : vous étiez récemment à Guitry pour parrainer plusieurs cérémonies. Au-delà de la présidentielle, avez-vous un agenda politique ?
Philippe Kragbé : Mon seul agenda, c’est la réélection du Président Alassane Ouattara le 25 octobre 2025. Pour la suite – législatives, municipales – je préfère attendre mon heure. Je suis de ceux qui estiment qu’il faut d’abord travailler pour le parti. Le reste viendra. Pour l’heure, je parcours villages et hameaux afin de sensibiliser les populations et de préserver la paix, notamment dans le Lôh-Djiboua, une région sensible.
Thierry Adama : D’accord. Mais donc, vous n’avez pas d’agenda après la présidentielle ?
Philippe Kragbé : C’est vous qui le dites.
Thierry Adama : Très bien. Parlons du Président Alassane Ouattara. Vous qui l’avez côtoyé, comment le présenteriez-vous à quelqu’un qui ne le connaît pas ?
Philippe Kragbé : La première fois que je l’ai rencontré, j’étais impressionné au point de ne pouvoir dire que : “Oui, Excellence Monsieur le Président”. C’est un repère, un modèle pour toute une génération. Comme hier le président Houphouët-Boigny, le Président Ouattara est aujourd’hui une référence. Pour ma génération, il est le véritable guide. Demain, qui sait ? On pourrait parler du Rassemblement des Alassanistes pour la démocratie et la paix.
Thierry Adama : En trois mots, comment le résumeriez-vous ?
Philippe Kragbé : Homme de paix, homme de vision, grand homme d’État.
Thierry Adama : Nous arrivons au terme de cette émission. Votre dernier mot aux Ivoiriens, et particulièrement aux jeunes ?
Philippe Kragbé : J’appelle les jeunes à aller à l’essentiel. Les élections passeront, la vie continuera. Le président Ouattara a beaucoup fait pour la jeunesse : financement de projets, insertion professionnelle, opportunités. Je les invite donc à rester sereins, à refuser la manipulation et à privilégier la paix. J’appelle aussi les jeunes du RHDP, dont je suis proche en tant que conseiller du secrétaire exécutif chargé de la jeunesse, à rester calmes et à prôner la paix malgré les provocations de l’opposition.
Thierry Adama : Merci, Monsieur le conseiller.
Philippe Kragbé : C’est moi qui vous remercie.















