• 17 juin 2025
  • Thierry Adama
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La période du 24 mai au 14 juin 2025 restera gravée dans l’histoire politique ivoirienne comme celle où le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a déployé, avec une force spectaculaire, toute l’étendue de son hégémonie. Loin d’être une simple démonstration interne, cette séquence a projeté au monde l’image d’un parti structuré, dynamique et profondément ancré, tant au niveau national qu’au sein de sa diaspora planétaire.

L’argument le plus tangible de cette hégémonie réside dans l’ampleur et la synchronisation parfaites de la mobilisation. Parcourir efficacement les 47 régions politiques de la Côte d’Ivoire en quelques semaines n’est pas un simple exercice logistique ; c’est la démonstration d’une machine politique rodée, dotée de relais solides et disciplinés dans chaque fief, chaque département, chaque commune. Cette capillarité organisationnelle, souvent citée mais rarement démontrée avec une telle exhaustivité, est l’un des piliers incontestables de la domination du RHDP.

L’impact dépasse largement les frontières nationales. Les mobilisations massives et visibles au Sénégal, au Maroc, au Canada, en France, aux USA, en Angleterre, en Afrique du Sud, au Gabon, et bien d’autres pays encore, ne sont pas anecdotiques. Elles prouvent deux choses essentielles :
1. La vitalité du lien entre le parti et la diaspora ivoirienne, un électorat crucial et souvent engagé.
2. La capacité du RHDP à projeter son influence et son récit politique sur la scène internationale, renforçant son image de parti de gouvernement crédible et connecté. L’enthousiasme démontré à l’étranger valide et amplifie le mouvement national.

Les pré-congrès régionaux et internationaux ont eu un mérite indéniable : dissiper les doutes sur d’éventuelles fractures internes. Contrairement à d’autres formations politiques souvent minées par les luttes d’influence, le RHDP a présenté, pendant près d’un mois, un **front remarquablement uni autour de la figure centrale du Président Alassane Ouattara. Cette unité affichée publiquement, transcendant les clivages locaux potentiels, est un argument politique de poids. Elle envoie un signal clair aux partenaires comme aux adversaires : le parti est soudé derrière son leader. Cette cohésion, palpable dans les discours et l’énergie des militants “requinqués à bloc”, est le signe d’une santé politique robuste, voire éclatante.

C’est dans ce contexte de démonstration de force et d’unité que la demande des militants prend tout son sens et son poids. Leur appel unanime pour que le Président Ouattara dirige le parti pour les cinq prochaines années et, surtout, se porte candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025, n’est pas un simple vœu pieux. C’est une stratégie politique claire fondée sur plusieurs réalités :
La crédibilité et l’expérience incarnées : Ouattara représente la stabilité, la continuité des projets de développement et une stature internationale reconnue, perçue comme un atout majeur face aux incertitudes régionales.

Le facteur “gagnant” : Son bilan électoral (trois victoires présidentielles) en fait le candidat perçu comme le plus à même de garantir la victoire du RHDP, évitant ainsi une potentielle période de transition risquée au sein du parti.
L’absence actuelle d’un successeur consensuel : La force même de la mobilisation autour de Ouattara souligne, par contraste, l’absence évidente d’une figure alternative capable de fédérer immédiatement l’ensemble de la base et d’assurer une victoire aussi nette.

Reste donc l’épineuse et cruciale question : Le Président Alassane Ouattara acceptera-t-il de “rempiler” ? Toute prédiction relève ici de la spéculation. Les paramètres entrant dans une telle décision – santé, considérations personnelles et familiales, analyse de l’état du pays et du parti sur le long terme, pression internationale – sont complexes et souvent opaques.

Le RHDP 24 et toute sa structure prient pour une réponse favorable, conscient que le charisme et l’autorité du Président restent leur atout majeur.


Le RHDP a donc joué son premier acte avec maestria, démontrant une hégémonie organisationnelle et militante qui force le respect. Le deuxième acte, le congrès des 21 et 22 juin, sera celui de la formalisation de cette unité et, surtout, de l’attente. Il mettra en scène cette pression populaire immense sur le Président Ouattara. Reste à savoir si ce dernier cédera à l’appel de “la base militante” ou s’il choisira d’écrire une autre page de l’histoire du parti. L’hégémonie du RHDP est indéniable ; la réponse de Ouattara, elle, est l’ultime suspense.

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