Dans une atmosphère électrique, le ministre Amadou Koné, Coordonnateur principal du RHDP pour la région, a clôturé ce lundi le pré-congrès du parti sur l’esplanade de l’ancien stade de Bouaké par un discours percutant, mêlant affirmation de la suprématie d’Alassane Ouattara et un appel solennel à la paix pour la présidentielle d’octobre 2025. Face à une foule massive et enthousiaste, présente dès l’aube, le message était clair : l’heure est à la mobilisation pour ADO, mais dans le calme.

D’entrée, Amadou Koné a balayé toute contestation de la légitimité du Président Ouattara, à briguer un nouveau mandat, dans un langage direct et rythmé qui a enflammé l’assistance : “Alors, ce n’est pas la faute d’ADO s’il contrôle le game. On a charbonné pour ça, faut pas nous jalouser ! […] Abidjan connaît, même Paris connaît ADO ! […] On a charbonné, charbonné, travaillé pour ça. La baraka, on n’a pas volé. ADO a tout le réseau !”
Les acclamations ont redoublé lorsqu’il a martelé : “Le trône… c’est pour lui ! Le trône, c’est pour ADO !”, scellant la désignation du Président comme *”seul et unique candidat du RHDP” pour octobre 2025.

Le ministre Koné a envoyé un message de force aux opposants, décrivant leur état d’esprit face à la mobilisation du RHDP : “Ils sentent la pression monter, c’est pour ça qu’ils ont peur ! […] Mais il n’y a pas pitié les gars ! Pas de pitié en octobre 2025 ! […] Monsieur l’inspecteur, octobre 2025 n’a qu’à venir ! Danger pour eux ! Ils sont en danger ! On ne va pas changer ADO !”
Cette section, ponctuée de clameurs, a souligné la confiance absolue du camp présidentiel dans la victoire.

S’adressant ensuite à l’inspecteur d’État Ahoua N’Doli Théophile, représentant la direction nationale du parti, Amadou Koné a vanté l’engagement concret de sa région, par opposition aux discours : “Monsieur l’inspecteur d’État, à Bouaké, on ne parle pas beaucoup. À Bouaké, nous travaillons. À Bouaké, nous produisons des résultats. […] Les motions sont claires : À Bouaké, on veut Alassane Ouattara à la tête du parti !”
Il a salué la mobilisation exceptionnelle des militants, présents dès 7h du matin, comme la preuve tangible de l’ancrage local d’ADO et du bilan de paix et de stabilité des 14 dernières années. Il a rendu hommage aux autorités présentes, dont la famille de l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, et aux chefs traditionnels et religieux.

C’est dans la dernière partie de son discours qu’Amadou Koné a délivré son message le plus crucial, empreint d’une gravité inhabituelle dans un meeting partisan. S’adressant directement aux jeunes, aux chefs de quartier, de village, de canton et aux guides religieux, il a lancé un plaidoyer vibrant pour des élections apaisées : “Je voudrais vous demander de continuer à travailler pour la cohésion, la paix et la stabilité […] Ne pas écouter tout ce qui pourrait vous diviser et créer des troubles. […] L’élection c’est quelques heures tous les 5 ans. Le 8 octobre, ce sera de 8h à 17h et puis c’est fini. C’est 9 heures de temps tous les 5 ans. On ne va pas aller s’entretuer. On ne va pas aller couper des arbres pour mettre sur les routes.”

Le ministre a été on ne peut plus clair sur les conséquences de la violence, plaçant la responsabilité sur toute la communauté : “Aucun de vos enfants ne devra mourir à cause des élections. Aucun de vos enfants […] ne devra être blessé pendant ces élections. […] Votre responsabilité, la première, c’est de faire en sorte que ces élections se déroulent ici dans la paix.”
Il a enjoint aux chefs traditionnels, aux chefs de communauté comme “Mama Bamba”, et aux guides religieux de s’impliquer activement pour prôner “la paix, la fraternité, le vivre-ensemble”.

Concluant son propos devant l’inspecteur d’État, Amadou Koné a lié la mobilisation du jour à l’objectif ultime : une victoire écrasante et pacifique pour ADO. “La mobilisation de ce jour […] nous montre leur engagement à faire en sorte que le candidat que nous avons choisi […] puisse gagner ces élections dès le premier tour, un coup K.O. ! […] Le plus important […] c’est la sensibilisation pour la paix. Grâce à Alassane Ouattara, nous avons vécu 14 années de paix […] Nous voulons continuer.”

Le pré-congrès de Bouaké aura donc été marqué par l’affirmation sans complexe de la force du RHDP et de son candidat, mais aussi par un message de responsabilité rappelant que la conquête du “trône” ne saurait justifier la moindre violence. Un équilibre que le camp présidentiel entend visiblement incarner en vue du scrutin d’octobre.

Thierry Adama

envoyé spécial

 

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