À écouter le Pr Danon Djédjé et Me Habiba Touré lors de leur récente conférence de presse, on croirait assister à un cours magistral de prestidigitation politique : l’art de transformer une vérité juridique en fable partisane.
Or, la réalité est beaucoup plus prosaïque.
La candidature de Laurent Gbagbo n’a pas été rejetée, elle a été déclarée irrecevable, nuance capitale.

Le rejet suppose qu’un dossier recevable a été examiné et débouté.
L’irrecevabilité, elle, s’impose d’emblée, car le requérant ne figurait pas sur la liste électorale. C’est l’équivalent d’un étudiant qui réclamerait la correction d’un examen auquel il ne s’est jamais inscrit.

Le parrainage : un faux débat

A force d’agiter le spectre du parrainage, les orateurs espèrent détourner l’attention de cette évidence.
Mais la vérité est simple. L’exigence de parrainage ne devient pertinente qu’une fois le candidat inscrit sur la liste électorale.

En l’absence de ce préalable, invoquer cette condition relève de la diversion pure et simple.
C’est comme discuter du prix du billet d’avion quand on n’a même pas de passeport. Ainsi, le parrainage est subsidiaire, sans aucun effet sur la décision constitutionnelle.

La CEI, concierge malgré elle

Il faut le rappeler. Le dossier de Laurent Gbagbo n’aurait jamais dû franchir le seuil de la CEI tout comme tous les autres cas similaires. En acceptant ce dépôt, la Commission est devenue, malgré elle, la concierge d’une imposture juridique.

Nul besoin d’être constitutionnaliste pour savoir que la candidature d’un non-inscrit ne mérite pas traitement, encore moins transmission.
On comprend dès lors l’embarras de la CEI, transformée en simple boîte aux illusions politiques.

Le mensonge comme arme de propagande

C’est ici qu’entre en scène Me Habiba Touré, maniant la dialectique avec une audace qui confine à l’absurde.
Par ses arguments, elle s’emploie à inverser les rôles : ce qui est faux doit devenir vrai, et ce qui est vrai doit passer pour une manœuvre hostile contre son client.

Le droit est ainsi travesti en instrument de propagande, où la réalité cède la place à un récit victimisant. En somme, il ne s’agit plus de convaincre par la vérité, mais de séduire par le mensonge répété.

Une logique de conflit programmée

Au fond, cette mise en scène n’a rien d’anodin. Le PPACI, fidèle à sa logique de résistance continue, ne cherche pas à tirer les leçons du droit, mais à exploiter la frustration de ses partisans.

L’injustice brandie devient un outil de mobilisation, et derrière la conférence de presse se devinent des stratèges de l’ombre. Tout indique une préparation à la tension, comme si une exclusion légale devait inévitablement se muer en affrontement politique, puis en crise sociale.

En définitive, loin d’apporter de la clarté, cette conférence de presse n’a fait qu’embrouiller davantage l’opinion.
Or, les faits sont irréfutables : la candidature de Laurent Gbagbo n’a pas été rejetée, elle est irrecevable.

Tout le reste n’est qu’un habillage rhétorique de l’injustifiable. Mais, face à ces manœuvres, le peuple a, lui, choisi de tourner le dos à la voie du conflit, et ce choix s’impose déjà comme une victoire.

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur

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