Par Soumahoro Alfa Yaya.
Journaliste -Écrivain.

Dans l’histoire politique ivoirienne, Pascal Affi N’Guessan se dresse comme une figure paradoxale, rappelant certains personnages tragiques de la mythologie grecque qui, prisonniers de leurs faiblesses, répètent les mêmes erreurs.

On peut l’associer à Sisyphe, condamné éternellement à pousser un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, pour le voir aussitôt redescendre. Affi, lui, semble condamné à rejouer le même cycle : la compromission, l’humiliation et la déchéance. Chaque fois qu’une opportunité s’offre à lui de se libérer de ses chaînes politiques et de se redresser comme un homme d’État, il choisit l’asservissement, la soumission et l’égarement.

En 2011, humilié à Bouna, incapable de se tenir debout devant l’histoire, il renie ses propres convictions et balbutie des phrases qui trahissent son absence de colonne vertébrale. Comme Sisyphe, il s’écroule au pied de la montagne de la dignité.

En 2020, il récidive dans une tragédie encore plus sanglante : porte-parole du CNT insurrectionnel, il participe à un scénario funeste qui coûte la vie à près de 90 Ivoiriens. Non seulement il s’égare dans la violence, mais il ose comparer le Président Alassane Ouattara à Hitler, oubliant que les victimes de sa propre aventure politique portent encore les stigmates de son irresponsabilité.

Sous contrôle judiciaire, il semble n’avoir rien appris. Tel Icare, qui malgré les avertissements de Dédale, vole trop près du soleil et finit par s’écraser dans la mer, Affi ne cesse de défier la prudence et la sagesse. Il rejoue la même partition : contestation de l’ordre républicain, alignement derrière Laurent Gbagbo qui le méprise, agitation vaine qui ne mène qu’à son propre discrédit.

Un personnage prisonnier de ses contradictions.

Complexé, il choisit l’asservissement plutôt que l’indépendance.

Aveuglé par l’orgueil, il se fait l’instrument des causes perdues.

Prisonnier du passé, il oublie que l’histoire ne se répète pas toujours en farce, mais parfois en tragédie.

Au lieu de saisir les mains tendues de la République pour écrire une nouvelle page, Affi préfère rester l’ombre de lui-même, un homme sans vision, sans courage, ni grandeur.

« Quand le singe veut imiter l’homme en marchant debout, il oublie que sa queue le ramène toujours à sa vraie nature. »

Ainsi va Pascal Affi N’Guessan : un homme qui veut paraître grand, mais dont les actes le ramènent toujours à sa petitesse.

Soumahoro Alfa Yaya.
Journaliste -Écrivain.

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