
Le lancement de l’initiative Jeunes bénévoles de la paix en prélude à la présidentielle de 2025, témoigne d’un tournant majeur dans la gouvernance de la jeunesse en Côte d’Ivoire.
Sous la houlette du président Alassane Ouattara, la jeunesse n’est plus considérée comme un réservoir de colère ou de mobilisation partisane, mais comme un acteur de prévention, de dialogue et de consolidation démocratique.
A travers cette initiative, le gouvernement invite les jeunes à sortir du rôle de spectateurs passifs, de suiveurs zélés pour devenir des vigies républicaines, engagées dans la préservation de la paix sociale.
Le discours n’est plus martial, mais civique. La grammaire politique n’exalte pas la lutte, mais la responsabilité.
Responsabilité, civisme, participation : un triptyque républicain
L’esprit qui anime cette action est profondément républicain. Il s’agit de former des citoyens, non des militants.
Chaque jeune bénévole devient un ambassadeur de la non-violence, un vecteur de médiation communautaire, une sentinelle de la paix électorale.
Ainsi, Ouattara réhabilite le rôle éducatif de l’État dans la formation civique des jeunes.
Ce choix politique repose sur un pari, tel que : la jeunesse ivoirienne est capable d’autodiscipline. De discernement. D’engagement pacifique.
Le mot d’ordre n’est plus de descendre dans la rue, mais de monter en conscience. Il ne s’agit plus de galvaniser les foules, mais de structurer les intelligences citoyennes.
L’héritage des patriotes : jeunesse chauffée à blanc
En contraste, la gouvernance de Laurent Gbagbo au début des années 2000, avait donné naissance à une autre forme de jeunesse mobilisée. Celle des jeunes patriotes.
Organisée autour d’un discours identitaire et populiste, cette frange de la jeunesse fut instrumentalisée comme bras de pression politique, parfois même comme relais de violences.
Loin de l’encadrement civique actuel, les jeunes patriotes étaient chauffés à blanc, enrôlés dans une narration binaire du peuple contre l’ennemi, la plupart du temps sans filtre, ni cadre.
L’espace public était leur champ de bataille, la rue leur tribune. Si l’intention affichée était patriotique, le résultat fut tragique.
Deux jeunesses, deux visions de la République
En définitive, la différence entre ces deux formes de gouvernance ne tient pas qu’au style, mais à la philosophie du pouvoir.
Laurent Gbagbo convoquait la jeunesse dans l’urgence de la rue.
Alassane Ouattara intègre la jeunesse dans la durée institutionnelle. En somme, l’un flattait l’instinct, l’autre forge la raison. L’un parlait de souveraineté à défendre, l’autre d’État à stabiliser.
Alassane Ouattara n’infantilise pas la jeunesse. Il l’élève à la responsabilité. Il ne l’utilise pas comme levier politique, mais comme gardienne de la cohésion sociale. Il ne l’oppose pas à une menace extérieure. Il l’enracine dans un avenir commun.
Disait Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ».
A travers cette approche, Alassane Ouattara a compris que la jeunesse n’est pas un carburant électoral, mais une conscience en construction. C’est dans cette conscience que va se jouer, probablement , la paix durable en Côte d’Ivoire .

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur
































