Depuis l’avènement du multipartisme en Côte d’Ivoire dans les années 1990, le paysage politique est marqué par une tension constante entre le pouvoir et l’opposition. Cette tension, exacerbée par les crises successives, a favorisé l’émergence d’un discours récurrent au sein de l’opposition, celui de la VICTIMISATION POLITIQUE, s’articulant autour de la dénonciation des institutions (CEI, Conseil Constitutionnel, etc.) et de l’appel à l’arène internationale (saisie de la communauté internationale pour faire entendre sa cause).

🔲 LES RISQUES DE CE DISCOURS UNIVOQUE SONT PERCEPTIBLES À L’OEIL NU.

En effet, si cette posture peut paraître légitime dans un contexte d’inégalités politiques réelles, elle pourrait conduire à une fuite en avant systématique.

L’opposition, en se posant toujours en victime, évite de s’interroger sur ses propres erreurs stratégiques, ses divisions internes ou son manque d’alternative programmatique. Cette posture nourrit une stratégie de boycott systématique et improductive qui prive l’opposition de leviers d’influence institutionnelle et l’isole du jeu politique. À force d’être répétée, la victimisation perd son impact. L’opinion publique, lassée des discours plaintifs, réclame de plus en plus des propositions concrètes et des leaders visionnaires.

🔲 UN NÉCESSAIRE RENOUVEAU STRATÉGIQUE

L’opposition ivoirienne ne pourra regagner en crédibilité qu’en passant d’un discours défensif à une posture offensive et constructive. Cela passe par une unification obligatoire autour d’une vision claire pour le pays, la participation active aux scrutins, même imparfaits, pour occuper le terrain, et surtout, une communication politique recentrée sur les besoins réels des populations, plutôt que sur les seuls griefs institutionnels.

Pour exister politiquement, l’opposition ne doit pas seulement dénoncer : elle doit proposer, rassembler, incarner un espoir. C’est à ce prix qu’elle pourra redevenir une alternative crédible au pouvoir en place. La victimisation permanente peut mobiliser l’émotion, mais lorsque la raison revient au pas de charge, le peuple se lasse..
Assez des pleurnicheries stratégiques !

La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de victimes, elle a besoin de leaders…

 

 

Jean-Yves ESSO ESSIS
Analyste en sociologie politique

2 comments on “OPPOSITION IVOIRIENNE : ENTRE VICTIMISATION STRATÉGIQUE ET LIMITE POLITIQUE.

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