Il arrive, dans la vie des partis politiques, des moments charnières. Des moments où l’actualité semble bousculer tous les fondements, où les ambitions individuelles testent la solidité de l’édifice collectif.
Le RHDP, héritier d’une longue tradition de discipline et de méthode, traverse l’un de ces moments. Et comme souvent, ce n’est pas l’adversité extérieure qui pose problème. C’est l’indiscipline intérieure, cette tentation de la dérive personnelle qui, parfois, s’invite dans les interstices du succès.
Les réseaux sociaux ne sont pas le nouveau siège du parti. Il n’est jamais inutile de le rappeler. Un grand parti ne se dirige pas à coups de messages sur Facebook, de vidéos émotionnelles ou de monologues improvisés.
On ne gouverne pas une maison politique à partir d’une colère. On ne conteste pas une décision importante de son parti à partir d’un smartphone.
La discipline n’est pas une punition. C’est une signature, une manière d’être digne de la confiance du Président Alassane Ouattara, dont la vision fait tenir la famille républicaine depuis toutes ces décennies.
Les modèles à suivre sont ceux qui parlent peu, mais qui agissent beaucoup. Face à ces dérapages isolés, le RHDP peut heureusement compter sur ses figures exemplaires. Il y a, dans ce parti, des leaders dont la dignité est leur première carte politique. Ceux qui, lorsqu’ils ne sont pas retenus à une investiture, acceptent, serrent les dents et repartent au travail, parce qu’ils savent que le parti est plus grand qu’eux.
Ceux qui retournent dans les villages, sans caméras, juste avec la conviction tranquille.
Ceux qui, chaque semaine, consolident les bases, écoutent les militants, rassemblent au lieu de diviser. Ils savent que la politique n’est jamais un droit acquis. C’est un devoir renouvelé.
Ce sont ces hommes et ces femmes, silencieux mais efficaces, humbles mais déterminés, qui incarnent le RHDP.
Un parti fort, c’est un parti où l’ambition personnelle s’incline devant l’idéal collectif. Le RHDP est une école. Une école où l’on apprend la patience, la loyauté, l’humilité.
Nous le savons. Rien n’est plus dangereux qu’une ambition mal maîtrisée. Et rien n’est plus précieux qu’une ambition disciplinée, éclairée, au service du groupe.
La force du RHDP a toujours été de produire des leaders capables de contenir l’excès, de dépasser l’ego, de choisir la construction plutôt que le bruit. Ceux qui se reconnaîtront comme modèles aujourd’hui ne sont pas ceux qui crient, mais ceux qui tiennent. Ceux qui se lèvent quand le parti décide. Ceux qui avancent sans lever la poussière inutile.
Le RHDP avance, avec discipline, méthode, loyauté. L’heure est trop grave, trop décisive, pour laisser les émotions remplacer la réflexion.
Un parti au pouvoir depuis 2011 doit être un bloc, une équipe soudée.
C’est pour cela que l’indiscipline, même marginale, n’est pas une erreur légère. C’est une entorse à notre ADN.
Mais la bonne nouvelle est là. Le RHDP possède encore, en son sein, des modèles solides, des voix calmes, des militants loyaux, des cadres fiables. C’est à ceux-là que la génération montante doit s’identifier. C’est par ceux-là que le parti continuera de se renforcer. Et c’est grâce à ceux-là que le RHDP restera, malgré tout, le parti le mieux organisé, le mieux structuré, le plus discipliné du pays.
Dégnimani Yéo













