• 8 juillet 2025
  • Thierry Adama
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Le congrès du RHDP n’était pas un simple meeting politique. C’était un spectacle de domination. Une chorégraphie électorale réglée au millimètre. Le suspense s’est évaporé avant même le lever de rideau. Pas de surprises, pas de rebondissements. La mise en scène impeccable.

Alassane Ouattara, tel un chef d’orchestre invisible, n’avait pas besoin d’apparaître pour que l’issue soit scellée.
Le public, ce peuple électeur, n’attendait pas une révélation, mais une consécration.
Le RHDP n’a pas exhibé sa force. Il a prouvé qu’il était le système nerveux du jeu politique.
Pendant ce temps, les partis adverses cherchent encore leurs fondations.

L’opposition : entre résignation et rêverie apocalyptique

Face à cette orchestration implacable, l’opposition ressemble à une chorale désaccordée, dont les membres n’ont même pas la même partition.

Incapable de mobiliser, que ce soit au stade de la BAE ou à Paris, trop éclatée pour susciter l’adhésion, l’opposition s’est dissoute en une constellation de groupuscules de partis politiques.
Des partis-éponge démocratiques, saturés de regrets ou de frustrations, mais tous également dénués de la moindre capacité de relance politique.

Cette opposition ne croit plus aux urnes, elle rêve désormais de tremblement de terre. Un miracle ou le chaos : voilà son agenda officieux. Mais le Dieu de la République ne répond plus à ceux qui se prosternent devant la fable plutôt que le travail pour la nation.

Quand l’attentisme devient doctrine

La réalité se moque mieux de l’opposition que n’importe quelle satire. Entre les meetings clairsemés, et les alliances incohérentes, les discours sont réchauffés : tout donne l’impression d’un théâtre dont les acteurs refusent de lire le prompteur de l’histoire. Ils n’anticipent pas, ils spéculent. Ils ne bâtissent pas, ils conspirent.

Pendant qu’ils s’agitent dans le vide, le RHDP bâtit une architecture politique où même les fissures sont prévues, consolidées, absorbées.
La démocratie vit de pluralisme, dit-on. Mais encore faut-il que les alternatives aient du corps.

Or, ce que l’opposition offre n’est ni projet. Ni vision. Ni souffle. C’est une attente béate, presque ésotérique.
Elle espère que le pouvoir s’effondre, usé ou renversé par un hasard providentiel. Quelle curieuse stratégie ! Face à des électeurs avides de concret, elle propose des lamentations.
Face à un pays qui veut des architectes, elle tend des filets rhétoriques à la CEI.

Le congrès du RHDP n’a pas seulement dévoilé une mécanique électorale rodée. Il a révélé en reflet , l’effritement stratégique, moral et intellectuel d’une opposition qui doute d’elle-même et de ses électeurs.

Le match est-il terminé ? Pas tout à fait. Mais l’une des équipes a visiblement choisi de ne pas entrer sur le terrain. En attendant, elle scrute le ciel, espérant qu’un orage viendra annuler la rencontre.

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur

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