
Il fallait oser. Koné Katinan l’a fait : redessiner la démocratie sans les urnes, maquiller un braquage en acte de bonne gouvernance, et rebaptiser la République en tribunal des frustrés chroniques.
À l’écouter, la démocratie ne repose plus sur le verdict populaire, mais sur le ressentiment des perdants.
Selon lui, la nostalgie d’un Laurent Gbagbo perdant, puis auto-proclamé vainqueur en 2010 par tripatouillage, devrait suffire à faire taire des millions d’Ivoiriens désormais tournés vers la promesse de bien-être portée par le pouvoir actuel.
Voilà donc une démocratie où l’on ne reconnaît les résultats que lorsqu’on les gagne.
Une démocratie de contestation. Une démocratie entre camarades.
Plus cocasse encore, au nom de la justice, Koné Katinan tente de le réhabiliter , en brandissant l’article 28, alinéa 2 de l’annexe fiscale 2025.
Un article fiscal pour blanchir un braquage ? La magie comptable du PPA-CI
Mais enfin, que l’on se comprenne. L’article 28, alinéa 2 de l’annexe fiscale 2025, qui précise que « les dépenses de salaires concernant la période post-électorale de décembre 2010 à avril 2011, imputées au compte 470, sont annulées », ne transforme pas un braquage de banque centrale en prime exceptionnelle pour coupables en sursis.
Il clôt une ligne comptable, pas un casier judiciaire.
On ne blanchit pas un détournement de fonds à coups de jargon budgétaire comme on efface une ardoise dans un maquis.
Ce texte est une rustine administrative, pas une hostie d’absolution pour receleurs institutionnels. La Côte d’Ivoire, rappelons-le à ceux qui confondent Trésor public et tirelire personnelle, a remboursé plus de 300 milliards de francs CFA à la BCEAO pour que l’UEMOA ne sombre pas avec elle.
Le trou a été comblé, oui. Mais le geste, lui, reste : le coffre-fort ouvert sous ordre d’un régime finissant, ce n’est pas de la gestion, c’est du grand banditisme d’État.
Si l’on s’en tient à la logique de M. Koné Katinan, alors il faudrait désormais ouvrir un chapitre budgétaire pour justifier chaque abus de pouvoir, chaque violation constitutionnelle, chaque dérive.
En d’autres termes, il s’agirait d’une République transformée en plan comptable, où le crime ne paie peut-être pas, mais s’impute.
Par ailleurs, au royaume des paradoxes, Koné Katinan trône en majesté. Il fustige corruption et orpaillage illégal, feignant d’ignorer les avancées saluées par Transparency International et les réformes mises en œuvre.
En occurrence, la Création de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance.
La traçabilité des filières aurifères. Le renforcement de la lutte contre le blanchiment soutenue par le GAFI, qui salue l’engagement ivoirien tout en appelant à plus de coopération internationale.
Préférer l’indignation automatique à la réalité mesurable, c’est refuser de voir une République qui se réforme.
Il oublie qu’à l’époque de son mentor, l’État, s’il n’en était pas l’instigateur, en était au moins le guetteur complice, fermant allègrement les yeux sur les zones de non-droit.
Le chef du passé s’agite, le pays du présent prospère
Aujourd’hui, malgré des défis majeurs, la Côte d’Ivoire est redevenue fréquentable : les investissements étrangers affluent, la diplomatie est active, et son président écouté sur toutes les grandes scènes. C’est cela que le PPA-CI appelle une dérive.
Le mouvement Trop c’est trop, brandi comme un emblème des oubliés, passe sous silence une réalité tenace : c’est le pouvoir RHDP qui a fait le plus pour les Ivoiriens. Éducation, santé, infrastructures, stabilité, et crédibilité internationale, bien plus que toutes les décennies précédentes réunies.
En vérité, la parole de Koné Katinan n’éclaire rien : elle efface. Elle efface les défaites, les responsabilités, et surtout, les progrès.
Mais la Côte d’Ivoire ne se dirige plus avec des archives ni des slogans. Elle avance. Face aux incantations d’un passé rancunier, le présent, lui, répond par la performance.

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur































