
Lundi 7 juillet 2025, l’Assemblée nationale française a adopté à l’unanimité une loi permettant la restitution à la Côte d’Ivoire du tambour parleur « Djidji Ayôkwé », un bien culturel volé par la France il y a plus d’un siècle et officiellement réclamé par les autorités ivoiriennes depuis six ans.
Ce texte déroge au principe d’inaliénabilité des collections publiques en vigueur dans les institutions muséales françaises, ouvrant ainsi la voie à la restitution effective de cet objet symbolique au cours de l’année. Selon Bertrand Sorre (Renaissance), rapporteur du projet de loi, cette décision constitue « la réparation d’une extorsion ». Lors des débats, plusieurs députés ont insisté sur la nécessité d’aller plus loin avec l’adoption rapide d’une loi-cadre promise par le Président Emmanuel Macron, destinée à faciliter les restitutions d’œuvres d’art pillées durant la période coloniale.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, a confirmé que ce texte-cadre serait présenté « d’ici la fin du mois de juillet », avec un examen en première lecture prévu dès l’automne. Elle a toutefois insisté sur l’importance de ne pas « instrumentaliser » ces discussions ni de tomber dans une « repentance idéologique ».
Du côté de la gauche, certains élus ont insisté sur le caractère historique et éthique de ces restitutions. Fatiha Keloua Hachi (Parti socialiste) a affirmé que « cette restitution n’est pas une faveur, c’est une réparation », tandis que Sabrina Sebaihi (écologiste) a appelé à une reconnaissance sans tabou de la brutalité du passé colonial français.
En revanche, Sébastien Martin (Les Républicains) a exprimé son attachement à la mission universelle des musées français comme le Louvre ou le Quai Branly, lieux selon lui de conservation et de mise en valeur du patrimoine mondial.
Pour sa part, le ministère ivoirien de la Culture a souligné que « le retour du Djidji Ayôkwé s’inscrit dans une démarche plus large de réappropriation culturelle », notamment à travers la réhabilitation du Musée des civilisations de Côte d’Ivoire et un partenariat scientifique avec le Musée du quai Branly – Jacques-Chirac.
Ce tambour sacré, long de plus de trois mètres et pesant 430 kg, avait été saisi en 1916 auprès de l’ethnie Ebrié par les autorités coloniales et envoyé en France en 1929. Il est actuellement conservé au musée du quai Branly après avoir été restauré en 2022. Sa restitution répond à un engagement pris par Emmanuel Macron en 2021.
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