
Dans le cirque tapageur des réseaux sociaux, où la légèreté se déguise en courage, et la provocation en pensée politique, Fabrice Lago, alias Steve Beko, s’est offert une sortie dont la gravité dépasse le ridicule apparent.
Ses propos assumés d’hier contre Alassane Ouattara ne relèvent pas de la simple impertinence. Ils composent une partition malsaine où, l’insulte se confond avec l’incitation. Où la mémoire collective se trouve bafouée.
Ce n’est plus de la critique, c’est un rappel d’exhumation des propos fascisants qui ne sont pas de nature a entretenir un climat de paix et de serenité.
Répondre pour éviter l’incurie
On pourrait croire, par grandeur d’âme, qu’il convient de se taire devant de telles fadaises. Mais la complaisance face à l’infamie n’est pas de la hauteur, c’est une abdication.
Répondre devient un impératif moral. Car chaque silence nourrit l’illusion que ce bavardage corrosif possède une légitimité. Laisser Steve Beko s’agiter sans riposte, c’est ouvrir les portes d’un chaos verbal où l’invective finit par s’imposer comme vérité.
L’arrogance d’un héritier du fascisme
L’arrogance de ce personnage, qui assume ses outrances avec la désinvolture d’un bateleur en quête de public, témoigne d’une incompatibilité profonde avec la morale publique. Loin d’être un penseur dissident, il s’érige en caricature de lui-même, répétant à l’infini les refrains sombres de sa jeunesse fesciste.
L’homme qui hier exaltait la brutalité syndicale persiste aujourd’hui dans un fascisme recyclé, se met dans un rôle de justicier imaginaire au pretexte de la prescription.
Il ne recule ni devant l’exagération ni devant la menace, convaincu qu’une insolence vociférée vaut argument contre ceux qu’il accuse d’avoir réveillé l’histoire.
Mais l’Histoire, justement, a montré que des figures comme Laszlo Csatary, longtemps dissimulées finissent toujours par être rattrapées, même des décennies plus tard.
Une République qui ne protège pas ses saboteurs
En cela, Steve Beko ne représente pas seulement un problème individuel. Il est une menace pour la conscience collective éduquée.
Ses tirades de mauvais goût, risquent de contaminer les esprits vulnérables, en banalisant l’offense et en déguisant la haine en critique.
Dans une République qui protège ses citoyens, la tolérance n’est pas un blanc-seing accordé aux saboteurs du vivre-ensemble.
Ancien fesciste, toujours fascisant, Steve Beko revendique ses dérives sans le moindre regret. Sa posture intransigeante, loin d’être une preuve de courage, n’est qu’un aveu de fossilisation idéologique.
L’État, garant du pacte social, ne peut protéger indéfiniment celui qui piétine les fondements mêmes de la République.
Ainsi, Derrière son carnaval verbal aux relents macabres, l’affaire est sérieuse. Steve Beko nous rappelle qu’il existe des paroles qui ne s’effacent pas comme des tweets.
Elles laissent des cicatrices sur le tissu national, c’est pourquoi le devoir de répondre à ses outrances l’emporte sur le confort du silence. Car, face au grotesque, la société ne peut rester spectatrice.
Elle doit opposer la raison à la vocifération, la décence à l’arrogance, la conscience à l’ignorance.

Kalilou Coulibaly, Doctorant EDBA, Ingénieur.
































