Après le report d’une semaine, l’opposition politique conduite par le Front Commun du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et du Parti des Peuples Africains (PPA)-CI, a pu finalement se réaliser le samedi 09 août.
Que retenir de cet événement qui a rassemblé des milliers de participants et que d’aucuns, y compris l’opposition elle-même, n’hésitent pas à qualifier d’historique ?
La marche a effectivement eu lieu dans une atmosphère bon enfant, sans incident majeur, entre le quartier Saguidiba et la Place Ficgayo, lieu mythique de l’opposition, encore ironiquement appelée Place internationale de funérailles (PIF).
Selon l’opposition, c’est une victoire dans le bras de fer qui l’oppose au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), du Président Alassane Ouattara.
Reste, toutefois, à savoir si cette opposition est raisonnable dans ses revendications.
En effet, elles sont pêle-mêle de quatre (4) ordres:
– réinscription des leaders de l’opposition sur la liste électorale
– réforme du système électoral
– protestation contre un 4ème mandat du Président Alassane Ouattara
– ouverture du dialogue politique avec l’opposition.
A l’analyse, hormis le dialogue politique qui, bien qu’elle se soit refroidie quelques temps, a été ranimée depuis quelques semaines, deux autres exigences, et non des moindres, relèvent purement du domaine juridique.
D’ailleurs, une question cruciale s’impose: pourquoi s’opposer à un 4ème mandat légitime et exiger, de l’autre côté, l’inclusion sur la liste électorale de leaders déchus de leurs droits de vote?
Au-delà de toutes autres considérations, il faudrait saluer en fanfare l’esprit démocratique du Président Alassane Ouattara qui a tenu à faire encadrer cette marche pour éviter les heurts.
Une autre marque de la démocratie pendant que l’opposition s’échine à crier sur tous les toits que la démocratie est en recul en Côte d’Ivoire.
Mais, à voir ce qui s’est passé samedi, on devine aisément jusqu’où l’opposition est prête à aller pour faire prévaloir la loi de la rue sur la force des institutions. Une autre manière de piétiner la démocratie si chère à ses yeux.
En attendant, elle est contrainte de se montrer logique, car on ne peut pas refuser d’entendre raison sur ce qui est légal et légitime, la candidature du Président Alassane Ouattara, et réclamer à cor et à cri ce qui s’oppose à la loi.

Oussou Kouamé Rémi, Enseignant-chercheur à l’Université Alassane Ouattara -Bouake
Expert analyste socio-économique et politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *