
L’État guinéen a affiché, lundi 1er septembre, sa volonté de restreindre les paiements en espèces. Une décision qui intervient dans un contexte de défiance envers les institutions bancaires, frappées par une crise monétaire depuis plusieurs mois. Inquiète, l’opposition politique appelle à manifester le 5 septembre.
“Donner du poids et de la sécurité à d’autres modes de paiement comme le chèque et les transactions électroniques”, tel est l’objectif affiché par le gouvernement guinéen. Pour y parvenir, l’État envisage de “réduire, voire interdire, les paiements en espèces”, a précisé le porte-parole, Ousmane Gaoual Diallo, en conférence de presse lundi 1er septembre.
“Je me rappelle, quand j’étais député à l’Assemblée nationale, c’était un camion-remorque qui amenait les salaires”, raconte-t-il. “Des caisses et des caisses d’argent circulaient. Mais ça, ça ne doit plus exister”, estime le porte-parole.
Un appel à la mobilisation…
Une décision qui passe mal auprès d’une partie de la société civile, méfiante à l’égard des institutions bancaires et préférant détenir de l’argent liquide. Les Forces vives de Guinée, une coalition de l’opposition, appellent donc à manifester le vendredi 5 septembre.
Cet appel à la manifestation intervient au moment où le projet de nouvelle Constitution, qui doit mettre fin à la transition politique depuis que le général Doumbouya a pris le pouvoir, en 2021, sera soumis le 21 septembre au vote des quelque 6,7 millions d’électeurs. Les partis politiques de l’opposition ne sont pas autorisés à parler aux médias.
Le gouvernement n’a toutefois pas autorisé la tenue de cette mobilisation, invoquant des risques “d’anarchie”, selon son porte-parole. “En Guinée, il existe un cadre légal pour organiser une manifestation. Une demande doit être déposée, même si elle est rejetée. Nous sommes dans l’anarchie quand un document circule sur Internet sans signature, au nom des Forces vives de Guinée, sans auteurs ni itinéraire”, indique Ousmane Gaoual Diallo.
La Guinée traverse une crise monétaire qui paralyse son économie depuis plusieurs mois. Cette situation alimente une défiance croissante envers le système économique national, illustrée par le refus de nombreux opérateurs économiques de déposer leur argent dans les banques. Face à la pénurie de liquidités, l’État a décidé de faire imprimer de nouveaux billets. Une mesure qui renforce le sentiment d’insécurité bancaire dans le pays.












