• 3 juillet 2025
  • Thierry Adama
  • 4

2 juillet 2020 – 2 juillet 2025

Ce jeudi 2 juillet 2020, la Côte d’Ivoire vivait sans le savoir un moment d’histoire suspendu. Ce jour-là, dans le pavillon présidentiel de l’aéroport Félix Houphouët Boigny d’Abidjan, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, de retour d’un contrôle médical en France, s’adressait au Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, avec des mots rares, bouleversants, puissants :
« Monsieur le Président, je vous aime. »
Dans une culture sénoufo où les élans du cœur se vivent plus qu’ils ne se disent, cette phrase avait valeur de serment. Ce n’était ni un mot de circonstance ni une simple politesse protocolaire. C’était une déclaration d’affection filiale, une ultime profession de foi politique et personnelle. Entre le père et le fils. Entre le maître et l’élève. Entre l’architecte d’une Côte d’Ivoire moderne et son bras droit, le « Lion ».
Six jours plus tard, le 8 juillet 2020, Amadou Gon Coulibaly s’éteignait, laissant derrière lui un vide immense, mais aussi un héritage indélébile.
Une filiation politique, humaine et historique
De Kong à Korhogo, deux cités historiques du Nord ivoirien, deux destins se sont croisés pour incarner une ambition nationale : celle d’un État moderne, fort, stable, et ancré dans une tradition de discipline républicaine.
Alassane Ouattara, né le 1er janvier 1942 à Dimbokro, descendant de l’empereur Sékou OUATTARA et des souverains de l’empire Kong, a porté une vision globale forgée par son parcours d’économiste international au FMI et à la BCEAO, puis comme seul et unique Premier Ministre de Félix Houphouët-Boigny (1990-1993).
Amadou Gon Coulibaly, né le 10 février 1959 à Abidjan, issu d’une lignée sénoufo prestigieuse. Son arrière-grand-père Péléforo Gbon Coulibaly était chef suprême des Sénoufos, a incarné la rigueur technocratique et la loyauté absolue.
Leur rencontre dans les années 1990, lorsque Amadou Gon rejoint le cabinet d’Alassane Ouattara comme conseiller technique, marque le début d’une collaboration de trente ans. Ensemble, ils ont co-fondé le Rassemblement des Républicains (RDR) en 1994, devenu plus tard le cœur du RHDP. Leur lien dépassait la politique : c’était une vision partagée du service public, une culture du résultat, une éthique de la fidélité. Amadou Gon n’était pas seulement un collaborateur ; il était le prolongement naturel d’Alassane Ouattara, il était son « fils » politique, comme ce dernier l’a souvent qualifié. Leur complémentarité, l’un porté par une ambition internationale et une éducation tirée de la tradition malinké, l’autre ancré dans les valeurs locales de la pure tradition Sénoufo a permis de bâtir une Côte d’Ivoire en marche vers la modernité sans jamais se déconnecter de nos valeurs traditionnelles locales, en témoigne le renforcement de nos chefs traditionnels par la mise en place de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels de CÔTE D’IVOIRE.

Korhogo, fief sénoufo et bastion du RHDP, symbolise l’héritage d’Amadou Gon Coulibaly. Maire de la ville de 2001 à 2020, il y a consolidé l’influence du parti tout en impulsant un développement local, renforçant les infrastructures et l’accès aux services de base. Abidjan, capitale économique et vitrine des réformes d’Alassane Ouattara, incarne la modernité avec des projets emblématiques comme le Stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, inauguré en 2020 et théâtre du 2e congrès ordinaire du RHDP les 21 et 22 juin 2025 ainsi que le parc des expositions d’Abidjan. Ces deux villes, l’une enracinée dans la tradition du Nord, l’autre projetée vers l’avenir, reflètent l’union entre l’héritage et le progrès que ces deux hommes incarnaient.

Cinq ans ont passé depuis ce 2 juillet 2020. Cinq années pendant lesquelles le RHDP a consolidé ses acquis, résisté aux épreuves, et poursuivi les réformes initiées sous le leadership d’Alassane Ouattara. La Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, avec une croissance économique parmi les plus dynamiques d’Afrique, des infrastructures modernes, et des avancées en matière d’éducation et de santé, doit beaucoup à cette vision partagée. Mais ces cinq années ont aussi été marquées par la mémoire d’Amadou Gon Coulibaly, dont l’engagement continue de guider les consciences loyales.
À Korhogo, le pré-congrès régional des 13 et 14 juin 2025 a vu plus de 10 000 militants se mobiliser pour réaffirmer leur soutien à SEM Alassane OUATTARA, dans un élan de plébiscite comme relevé par les cadres.
Nous sommes à la croisée des chemins. En cette année électorale, la Côte d’Ivoire a besoin d’un repère sûr. Les défis sont nombreux : sécurité régionale, cohésion sociale, poursuite de la transformation économique, et inclusion d’une jeunesse en quête d’opportunités. Le pays ne peut se permettre l’improvisation. Le 2e congrès ordinaire du RHDP, avec ses 7 100 congressistes au Parc des Expositions et plus de 200 000 militants au Stade d’Ebimpé, a envoyé un message clair : l’unité du parti et la confiance en Alassane OUATTARA restent intactes. Pourtant, l’incertitude autour de sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025 persiste, alors que les militants, de Korhogo à Abidjan, appellent à sa reconduction.
Candidater, non pour soi, mais pour l’Histoire
Monsieur le Président, nous savons votre attachement à la parole donnée. Nous savons votre désir de transmission et votre volonté de préparer une nouvelle génération, comme vous l’aviez envisagé en désignant Amadou Gon Coulibaly comme candidat en 2020. Mais la responsabilité historique a parfois des exigences qui transcendent les projets personnels. Aujourd’hui, l’appel ne vient pas seulement des militants ou du parti ; il vient de la mémoire d’un homme, de la force d’un serment, de la fidélité d’un héritier disparu trop tôt. « Monsieur le Président, je vous aime » : ces mots d’Amadou Gon Coulibaly, prononcés il y a cinq ans, étaient un engagement à vos côtés pour bâtir une Côte d’Ivoire prospère et unie. Ils sont aujourd’hui un rappel de votre devoir.
Votre œuvre est colossale : routes, écoles, hôpitaux, électrification, et un rayonnement régional retrouvé. Mais elle reste inachevée. Les attentes du peuple, les aspirations de la jeunesse, et les défis d’un monde en mutation exigent une main ferme et une vision éprouvée. Vous êtes, aujourd’hui, le seul à même de rassembler, de rassurer, et de conduire cette phase de transition nationale avec autorité et légitimité.

Nous, militants, responsables, anonymes, citoyens, femmes et hommes de bonne volonté,
Nous, enfants de Korhogo, de Kong, de Dimbokro et d’Abidjan,
Nous, Ivoiriens attachés à la paix et à la prospérité,
Nous vous disons, avec humilité mais avec force :
Présentez-vous. Reprenez le flambeau. Poursuivez l’œuvre.
Pour Amadou Gon Coulibaly, dont l’amour et la loyauté vous obligent.
Pour le RHDP, qui porte votre vision et celle de votre « fils ».
Pour la Côte d’Ivoire, qui attend de vous la continuité d’un projet qui a transformé des millions de vies.
L’histoire vous regarde, Monsieur le Président. Le peuple vous attend. La fidélité vous appelle, la fidélité vous oblige. Que la mémoire d’Amadou Gon Coulibaly, le « Lion », continue d’éclairer votre chemin et celui de la Nation.

Pour la Mémoire, le Peuple, pour la République, pour la Continuité

 

Par Gédéon COULIBALY.

4 comments on “DEVOIR DE MÉMOIRE / AMADOU GON COULIBALY:« MONSIEUR LE PRÉSIDENT, JE VOUS AIME » : CINQ ANS APRÈS, LA FIDÉLITÉ APPELLE À LA RESPONSABILITÉ.

  1. Salam mon président toutes mes félicitations pour votre Bryan mémorial pour le père du poro (le lion national) feu AMADOU GON COULIBALY. Vous êtes un vrai compagnon exemplaire les mots me manquent pour vous qualifier. Que dieu vous garde, vous protège et vous accorde une bonne carrière politique. Merci à vous et bonne journée.

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