
Oui, c’est long mais…
Temps de lecture pour les esthètes et bons penseurs : 10 minutes CHRONO.
🔲 UNE OPPOSITION EN PLEINE CRISE IDENTITAIRE.
Il arrive un moment où il ne faut plus se contenter de commenter : il faut SCALPER.
Nous assistons aujourd’hui à une opposition en perte de VISAGE, en plein VERTIGE IDENTITAIRE, qui nécessite aujourd’hui que nous disséquions tout cela au SCALPEL, comme un cas d’école. Aussi, vous saurais-je gré de bien vouloir sacrifier quelques dix petites minutes chrono de votre précieux temps, à penetrer avec nous en cette belle journée dominicale, dans la salle d’opération…
DÉBUT DE L’AUTOPSIE
A la veille des échéances électorales législatives, force est de constater que l’opposition ivoirienne n’est pas seulement MALADE, elle est en DÉCOMPOSITION LENTE, tout en continuant d’accuser les autres de son AGONIE. Or, ce n’est pas le pouvoir en place qui étouffe l’opposition. C’est l’opposition elle-même qui se suicide, lentement, méthodiquement, avec une OBSTINATION et un ZÈLE admirables.
L’autopsie de cette crise identitaire révèle un corps politique DIVISÉ, hésitant entre son passé glorifié, ses RANCŒURS accumulées et son avenir qu’il n’arrive plus à VISUALISER.
L’opposition ivoirienne ne sait plus qui elle est. Elle ne sait plus ce qu’elle veut, ni pour qui elle se bat. Elle vit dans la tension PERMANENTE entre trois tendances profondes :
– le camp des HÉRITIERS AUTOPROCLAMÉS revendiquant une légitimité historique, plus occupés à défendre une mémoire sanctuarisée qu’à proposer un projet national moderne. Ils vivent dans un musée politique, persuadés que l’invocation rituelle des gloires d’hier suffira à mobiliser les foules d’aujourd’hui. Le plus ironique c’est qu’ils revendiquent un héritage qu’ils n’ont jamais su PROTÉGER, encore moins PROLONGER.
– Le camp des REDRESSEURS en colère, les TRIBUNS du ressentiment, qui font de la dénonciation un programme et de la victimisation un fond de commerce. Leur discours, quelques rares fois SINCÈRE, souvent CALCULÉ, finit par enfermer le débat public dans un cycle STÉRILE de plaintes et de PROPHÉTIES APOCALYPTIQUES. Ils confondent mobilisation et agitation, ferveur populaire et BROUHAHA.
– Le camp des PRAGMATIQUES IMPUISSANTS, des cadres compétents, LUCIDES, mais étouffés par les egos surdimensionnés de leurs responsables, les vieilles rancœurs et les réflexes de guerre froide interne. Ils voient la DÉROUTE venir mais manquent de COURAGE POLITIQUE ou de leviers pour imposer une LIGNE CLAIRE. Ils incarnent ce que l’opposition pourrait être… mais ce qu’elle ne parviendra jamais à devenir. Certains finissent par laisser tomber ce combat SUICIDAIRE et se retirent de la politique ou rejoignent, la mort dans l’âme, les formations politiques aux idéologies proches de la leur.
La politique moderne exige un LOGICIEL, mais l’opposition, elle, se contente d’humeurs et d’émotivités. Le peuple ivoirien n’est plus ce public SENTIMENTAL et ÉMOTIF du passé, prompt à suivre les élans poétiques ou les colères des tribuns. Il est devenu PRAGMATIQUE, économique, EXIGEANT. Il veut des routes, des ponts, des écoles, des emplois, la sécurité et un avenir pour ses enfants. Nous observons aujourd’hui une opposition CASSÉE en deux, puis en quatre, puis en MIETTES. Il n’y a plus d’opposition en Côte d’Ivoire, il y a une collection de micro-tribus politiques, chacune persuadée d’être la nation. Les uns parlent au nom des souffrances passées, les autres au nom des souffrances à venir, et entre les deux, personne ne parle du PRÉSENT. L’opposition change de costume à chaque saison : libéraux un jour, souverainistes le lendemain, progressistes dans les discours internationaux, mais populistes sur les plateaux télé.
SOCIOLOGIQUEMENT,
Du point de vue sociologique, l’opposition n’est pas un bloc : c’est L’ARCHIPEL DU GOULAG. Un goulag de loyautés dispersées, chacune se réclamant du “peuple” sans jamais accepter de partager ce peuple avec les autres. Il y a les militants historiques, fidèles à un chef comme à un TOTEM, coincés dans une FIDÉLITÉ ÉMOTIONNELLE ; il y a les jeunes urbains CONNECTÉS, qui veulent des idées, pas des INCANTATIONS ; il y a les classes moyennes ÉMERGENTES, attirées par la STABILITÉ et les OPPORTUNITÉS économiques ; et il y a enfin les DIASPORAS BRUYANTES, influentes en ligne mais absentes dans les urnes.
Aucune de ces sphères ne parle la même langue politique. Et au lieu d’en faire une diversité FÉCONDE, l’opposition en a fait un PUZZLE impossible à ASSEMBLER. Cette incapacité à produire un LEADERSHIP collectif est l’un des facteurs sociologiques majeurs de son IMMOBILISME.
C’est un véritable CHAOS…
Le plus tragique, c’est que ces petits GROUPUSCULES ne se supportent même pas entre eux…Les partis fonctionnent comme des micro-sociétés FERMÉES, obsédées par la PURETÉ INTERNE, allergiques au compromis, et culturellement incapables de COALITION. L’opposition ivoirienne n’est plus seulement en retard, elle est complètement HORS-JEU, HORS-SOL comme dirait l’autre, espérant une intervention DIVINE pour sortir se PAVANER. Sauf qu’elle a oublié une RÉALITÉ : Dieu est JUSTE et il est BON pour TOUS SES ENFANTS.
POLITIQUEMENT,
Géopolitiquement, nous vivons une ère où les États africains doivent naviguer entre les appétits chinois, les pressions occidentales, les ambitions turques, l’influence russe, et la nouvelle donne sécuritaire sahélienne. Aucun grand discours sur la SOUVERAINETÉ économique et monétaire face aux multinationales, la renaissance du PANAFRICANISME, la réforme des alliances régionales, la guerre des monnaies, la sécurité transfrontalière, les nouvelles routes d’influence. Pendant que les nations repensent leur destin, l’opposition ivoirienne repense, elle sa liste de RANCUNES.
C’est le carnaval des ambitions MINUSCULES et des querelles COLOSSALES. Chaque leader de l’opposition se voit en futur père de la nation, mais aucun n’a l’autorité d’être ne serait-ce qu’un secrétaire de section d’un canton reculé dans un parti sérieux, car ils confondent OPPOSITION et OPPOSITIONNISME, stratégie et théâtre, conviction et VENGEANCE. Ils sont nombreux à revendiquer la couronne, mais aucun ne se rend compte qu’il n’a même pas ne serait-ce que le début d’un royaume. L’opposition ivoirienne semble condamnée à cette DRAMATURGIE…Chaque leader rêve d’être le messie, personne n’accepte d’être soldat.
C’est un champ de bataille où les “généraux” sont plus nombreux que les troupes.
BILAN DE L’AUTOPSIE
La société ivoirienne a changé : elle est plus EXIGEANTE, plus MOBILE, plus CONNECTÉE plus AMBITIEUSE. Elle ne veut plus d’incantations mais des résultats. Elle ne suit plus l’émotion, elle suit la raison et la LOGIQUE. Le peuple est devenu trop ADULTE pour des discours INFANTILISANTS. Dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest où l’opposition s’est imposée (Sénégal, Ghana, Liberia…), un élément commun revient : la création d’un récit national MOBILISATEUR. Mais en Côte d’Ivoire, l’opposition ne propose ni récit, ni horizon.
Elle propose des indignations, des anniversaires de douleurs, des slogans recyclés.
Elle fait de la politique comme on fait du KARAOKÉ : on reprend des morceaux déjà chantés maintes et maintes fois.
Et pendant ce temps, la population, elle, avance : elle veut des emplois, des infrastructures, de la paix, une diplomatie qui stabilise, un État qui regarde les 30 prochaines années. Le pays est dans le 21ᵉ siècle. L’opposition, elle, discute encore des fantômes du siècle précédent.
Le constat est SIMPLE : l’opposition ne sait plus qui elle est, ni à quoi elle sert.
Ce n’est pas un effondrement brutal qui attend l’opposition. Non. Ce sera pire : une disparition PROGRESSIVE, silencieuse, presque EMBARRASSANTE, comme une vieille structure qui continue de parler sans que plus personne ne l’écoute car elle est devenue géopolitiquement ANALPHABÈTE, sociologiquement DÉSAGRÉGÉE, et moralement OBSÉDÉE par elle-même. Aucune ossature. Aucun produit politique. Rien de rien. Un NÉANT ABYSSAL. Si elle ne rompt pas avec son passé, elle finira comme ses discours, RÉPÉTITIVE, INAUDIBLE, et INUTILE. L’opposition a besoin d’une nouvelle identité, débarrassée des rancœurs, des mythologies figées et des combats personnels. Une identité articulée autour d’un projet national CRÉDIBLE, MODERNE, INCLUSIF. Sans cette renaissance, elle restera ce qu’elle est aujourd’hui : une force DISPERSÉE, constamment SURPRISE par les événements, prisonnière de ses propres FANTÔMES.
L’autopsie est claire : L’opposition n’est pas sans ressources, mais sans DIRECTION. Si elle veut peser dans la nouvelle géopolitique africaine, si elle veut répondre aux mutations sociologiques du pays, elle doit cesser d’être une assemblée de REGRETS. Il lui faut une PENSÉE, une DOCTRINE, un HORIZON, un leadership collectif, un projet géopolitique, une lecture moderne de la société ivoirienne. Sans cela, elle restera sur le quai des RESSENTIMENTS.
Cependant, rien n’est encore définitivement perdu pour les “opposants” houphouëtistes…

Jean-Yves ESSO









Autopsie de clarté induscutable. Les sublimes lettres ont favorisé une digestion intellectuelle paisible et plaisante. Mille mercis militant engagé.