Ce lundi 2 mars 2026, la salle Auguste Denise de la mairie de Treichville s'est parée de chaleur humaine.
Ce lundi 2 mars 2026, la salle Auguste Denise de la mairie de Treichville s'est parée de chaleur humaine. À dix heures précises, sous la lumière douce des lustres, une centaine d'agents municipaux se sont rassemblés, non pas pour une réunion ordinaire, mais pour un rituel qui transcende les simples obligations administratives : la remise des kits alimentaires à l'occasion du Ramadan et du Carême.
Ahissi Jérôme, premier adjoint au maire, représentant le Ministre François Albert Amichia, a personnellement procédé à cette distribution de kits alimentaires aux agents de la mairie de la commune N'zassa. Les mains chargées de sacs contenant riz, huile, sucre et autres denrées essentielles, il a serré celle de chaque agent avec une attention qui en disait long sur la portée symbolique de ce geste. « Au nom du Maire Amichia, je vous apporte ce modeste soutien pour vous accompagner dans vos moments de jeûne et de prière », a-t-il déclaré, la voix teintée d'une sincérité palpable.
Ce qui frappe dans cette cérémonie, c'est son caractère œcuménique silencieux. Dans la même file d'attente, un agent musulman aux côtés d'un collègue chrétien reçoivent le même panier, porteur de la même considération. Le Ramadan et le Carême, bien que différents dans leurs pratiques, se rejoignent ici dans une même quête spirituelle – celle du dépassement de soi. Et l'institution municipale, par ce geste renouvelé année après année, reconnaît cette dimension sacrée du temps qui passe.
« C'est une tradition que le Ministre Amichia tient à cœur », a rappelé Ahissi Jérôme. « Depuis des années, il insiste pour que nos agents, ces artisans discrets du quotidien treichvillois, se sentent accompagnés dans leurs épreuves spirituelles comme dans leurs réalités matérielles. » Car derrière ces kits se cache une réalité simple mais essentielle : jeûner demande des forces, et nourrir sa famille durant ces périodes sacrées représente parfois un défi pour de nombreux ménages.
Les visages des bénéficiaires en disaient long. Sourires discrets, regards reconnaissants, chaque réaction traduisait moins la gratitude pour la denrée reçue que pour le message qu'elle portait : « Vous comptez. Votre foi compte. Votre dignité compte. »
Dans un quartier comme Treichville, berceau historique de la capitale économique, où se côtoient toutes les confessions et toutes les origines, ce geste revêt une portée politique subtile mais profonde. Il rappelle que la laïcité ivoirienne n'est pas une séparation froide entre l'État et les religions, mais un respect actif des spiritualités qui composent le tissu social.
Alors que les derniers kits étaient distribués et que les agents quittaient la salle, un silence apaisé flottait dans l'air. Celui d'une communauté qui, l'espace d'un matin, avait retrouvé son unité dans la diversité. Et dans ce silence, une promesse muette : celle d'un vivre-ensemble nourri non seulement de pain partagé, mais de respect mutuel.
Thierry Adama
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