Le Mali entre dans une nouvelle phase de sa gouvernance sécuritaire.


Le Mali entre dans une nouvelle phase de sa gouvernance sécuritaire. Moins de deux semaines après la disparition du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors d’attaques coordonnées d’une rare intensité, les autorités de transition ont acté un tournant majeur : le chef de l’État, Assimi Goïta, assurera désormais lui-même la direction du ministère de la Défense et des Anciens combattants.

Cette décision, officialisée par décret et rendue publique à la télévision nationale, intervient dans un climat de forte tension sécuritaire. Les attaques survenues le 25 avril ont profondément ébranlé le pays, révélant la capacité de nuisance accrue des groupes armés. Elles ont été attribuées à une coalition inédite réunissant des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et des éléments du Front de libération de l'Azawad.


Plusieurs localités stratégiques ont été visées, dont Bamako, Kati, ainsi que des zones du nord et du centre comme Kidal, Gao et Sévaré. Ces offensives simultanées ont accentué un sentiment d’instabilité et de vulnérabilité au sein de la population et des institutions.


En prenant personnellement les rênes de la Défense, le président Goïta envoie un signal fort : celui d’un recentrage du pouvoir autour de la gestion de la crise sécuritaire. Il sera épaulé par le général Oumar Diarra, nommé ministre délégué. Ancien chef d’état-major des armées, ce dernier connaît bien les rouages militaires du pays, pour avoir occupé des fonctions clés depuis la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta en 2020.


Depuis 2012, le Mali fait face à une crise multidimensionnelle marquée par la montée en puissance de groupes jihadistes, de mouvements séparatistes et de violences communautaires. Malgré les différentes stratégies mises en œuvre, la situation reste volatile, notamment dans les régions du nord et du centre.

Dans ce contexte, la concentration des pouvoirs entre les mains du chef de la transition traduit à la fois l’urgence de la situation et la volonté des autorités de renforcer la chaîne de commandement militaire. Reste à savoir si cette nouvelle configuration permettra d’inverser durablement la tendance sécuritaire dans un pays confronté à l’un des défis les plus complexes de son histoire récente.


AFP