Tout bon amoureux ou amateur de l’histoire de France et de ses grands moments, ne peut pas ne pas avoir entendu ou lu l’épisode, même peint sous les traits de la légende, du vase de Soissons. Clovis était alors roi des Francs.
Tout bon amoureux ou amateur de l’histoire de France et de ses grands moments, ne peut pas ne pas avoir entendu ou lu l’épisode, même peint sous les traits de la légende, du vase de Soissons. Clovis était alors roi des Francs. Sans revenir sur l’épisode en lui-même l’on pourrait cependant tirer plusieurs leçons de cette histoire anecdotique relatée pour la première fois par l’évêque et historien Grégoire de Tours.
La première leçon est le silence contenu de Clovis, face à l’affront que lui fit subir un de ses soldats lors du partage d’un butin après une victoire sur l’ennemi. Même si le roi était tenu de se conformer aux consignes, comme tout bon soldat, il n’en était pas moins qu’il était le roi et qu’en tant que tel, il avait droit à des égards.
La deuxième leçon est celle relative à l’affirmation de son autorité face à ses troupes et face au soldat qui, sans doute par inadvertance, insouciance ou manque de sagesse humilia quasiment son roi. A celui-ci, Clovis de longs mois plus tard lui fracassa le crâne en guise de punition ou de vengeance.
Un roi, un chef, en tradition africaine ne parle pas à tort et à travers, et même lors de prises de parole en public, sa parole est souvent relayée par des courtisans. Cela pour lui permettre de prendre du recul et de savoir, au bon moment, reprendre le contrôle.
Les Ivoiriens auront remarqué que depuis la dernière présidentielle qu’il a remportée avec panache au premier tour, le Président Alassane Ouattara ne parle pas souvent. Et s’il parle c’est surtout à des moments consacrés. S’il ne parle pas souvent, cela ne signifie nullement qu’il n’observe pas l’agitation dans la vallée. Face à certains mouvements d’humeur, Alassane Ouattara reste stoïque. Et s’il se montre relativement silencieux en apparence. il n’est cependant dupe.
Comme un bon père de famille, il sait faire montre de compréhension mais aussi de rigueur. Pendant qu’il œuvre à la transmission générationnelle, beaucoup au sein du parti s’agitent et agissent comme si sans tous les sacrifices consentis par cet homme exceptionnel, ils auraient eu les privilèges dont ils jouissent aujourd’hui. Houphouët aimait à dire que le caïman ne dort que d’un œil là où les imprudents et impudents le prennent pour un morceau de bois à la dérive. Le silence est une arme puissante. Ouattara regarde les plus méritants.
C’est la raison pour laquelle le RHDP doit savoir marcher en rangs serrés derrière le chef emblématique, charismatique et historique. La discipline doit être au cœur de nos actions et brider nos ambitions personnelles souvent égoïstes. C’est à cette seule condition que, dans la cohésion, le RHDP demeurera la force qui va. Jean-Marie Adiaffi a certes écrit « Silence on développe », pour critiquer et ironiser, mais il n’en demeure pas moins que tout comme la plante qui dans la forêt croît en silence, le développement se constate et se fait sans bruit. Autrement dit, ce sont les tonneaux vides qui font du bruit. A méditer.
Thierry Adama
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