Dans un contexte où la société civile ivoirienne cherche à se structurer davantage pour jouer pleinement son rôle, de nouvelles initiatives émergent pour rapprocher les citoyens des décideurs publics.

Dans un contexte où la société civile ivoirienne cherche à se structurer davantage pour jouer pleinement son rôle, de nouvelles initiatives émergent pour rapprocher les citoyens des décideurs publics. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le Mouvement des Cafés et des Grains de Côte d’Ivoire (MCG-CI), une organisation qui ambitionne de valoriser ces espaces populaires comme de véritables relais d’information et de sensibilisation. À travers cette interview, Thierry Adama, échange avec Kaba Mamadi Diakité, président du MCG-CI, sur la vision, les actions et les perspectives de ce mouvement en pleine expansion.



TA : Vous êtes le président du Mouvement des Cafés et des Grains de Côte d’Ivoire, le MCGCI,  Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre mouvement ?

KMD : À l’état civil, je me nomme Mamadou Kaba Diakité, mais je suis plus connu sous le nom de Kaba Amichia. Je suis le président national du Mouvement des Cafés et des Grains de Côte d’Ivoire (MCG-CI). Ce mouvement a été créé en septembre 2025 et compte aujourd’hui près de 7 000 adhérents. Nous évoluons progressivement afin de nous faire connaître des autorités administratives et politiques. Notre ambition est d’accompagner les décideurs publics en relayant les préoccupations des populations. Les cafés et les « grains » sont de véritables espaces de communication. Contrairement aux idées reçues, ils ne sont pas uniquement des lieux de rumeurs. On y retrouve aussi des cadres, enseignants, médecins et opérateurs économiques. Nous voulons donc redorer leur image et en faire des relais crédibles d’information et de sensibilisation.


TA : Quelle a été la nécessité de créer ce mouvement ?

KMD : Nous avons constaté une forte politisation de la société ivoirienne, laissant peu de place à une société civile neutre et inclusive. Or, celle-ci regroupe des citoyens de tous horizons, unis par l’intérêt général.
Nous avons donc voulu offrir un cadre d’expression à ces populations, afin qu’elles contribuent au développement du pays, au-delà des clivages politiques.


TA : Combien de membres comptez-vous aujourd’hui ?

KMD : Nous comptons environ 7 000 membres actifs, avec des cartes d’adhésion et des cotisations. Nous poursuivons notre implantation sur toute l’étendue du territoire national.

TA: Dans quelles villes êtes-vous présents ?

KMD : Nous couvrons déjà les 13 communes d’Abidjan, avec des coordinateurs locaux. À l’intérieur du pays, nous sommes présents notamment à Yamoussoukro, Soubré, Bondoukou et Bouna. Notre objectif est de couvrir progressivement tout le territoire.


TA : Quel bilan pouvez-vous dresser après un an d’existence ?

KMD : Le siège est basé à Treichville. Nous avons organisé plusieurs activités, notamment des rencontres entre élus et populations dans des cafés emblématiques. Nous avons également initié des actions sociales, comme des ruptures collectives pendant le Ramadan et le Carême, en présence d’autorités et de chefs traditionnels. Par ailleurs, nous travaillons sur la sensibilisation sanitaire, le dépistage, ainsi que l’accompagnement des petits entrepreneurs. Nous sommes aussi en discussion avec des partenaires pour faciliter l’accès au café ivoirien à moindre coût et soutenir les acteurs du secteur. Nous insistons également sur l’hygiène, la prévention sanitaire, le don de sang et la lutte contre la délinquance et la drogue. Nous voulons changer le regard porté sur les cafés et les grains, qui sont aussi des lieux de vie et d’échanges constructifs.


TA : Quelles sont vos perspectives ?

KMD : Nous souhaitons établir des partenariats avec les ministères et les collectivités locales. Notre rôle est de relayer les campagnes de sensibilisation et de faire remonter les préoccupations des populations.
Nous voulons être un pont entre les autorités et les citoyens.


TA : On vous appelle Kaba Amichia, en référence au ministre François Albert Amichia. Quels sont vos liens avec lui ?

KMD : C’est une fierté. Il m’a adopté comme un fils de Treichville. C’est un homme d’expérience dont j’apprends beaucoup. Je suis honoré de porter ce nom et de bénéficier de ses conseils.


TA : Quel message lancez-vous à ceux qui souhaitent adhérer à votre mouvement ?

KMD : J’invite tous les Ivoiriens à nous rejoindre, sans distinction d’origine, de religion ou d’opinion politique. Notre mouvement est inclusif. Nous voulons tirer les leçons du passé pour mieux servir nos membres et contribuer au développement du pays.

TA : Quelles valeurs faut-il avoir pour intégrer votre mouvement ?

KMD : L’intégrité, la transparence et le sens du partage. Il est essentiel de gérer les ressources avec honnêteté et dans l’intérêt collectif. 


TA : Votre mot de fin ?

KMD : Merci pour cette opportunité. Nous espérons bénéficier du soutien des autorités pour accompagner nos actions. Notre ambition est de contribuer à une Côte d’Ivoire de paix, de solidarité et de développement.


TA : Merci Monsieur Kaba Diakité pour cet entretien.

KD : C'est moi.


Interview réalisée par Thierry Adama