La guerre en Iran suscite des attentes très différentes selon les acteurs impliqués. Si la plupart souhaitent une fin rapide du conflit, les conditions et objectifs divergent nettement.

La guerre en Iran suscite des attentes très différentes selon les acteurs impliqués. Si la plupart souhaitent une fin rapide du conflit, les conditions et objectifs divergent nettement.


Les États-Unis

Le président Donald Trump a affiché des objectifs fluctuants : limiter le programme nucléaire iranien, obtenir la capitulation totale de Téhéran ou provoquer l’effondrement du régime. Jusqu’à présent, l’Iran n’a ni cédé ni sombré, malgré 16 jours de bombardements.

Des pourparlers indirects en février à Genève, menés par Oman, ont permis des avancées sur le dossier nucléaire. L’Iran se montrait prêt à faire des concessions, mais refusait de limiter son programme de missiles balistiques ou son soutien aux groupes armés régionaux comme les Houthis au Yémen ou le Hezbollah au Liban.

Pour Washington et ses alliés, la fin idéale serait l’effondrement du régime des ayatollahs, remplacé par un gouvernement pacifique et démocratique. À défaut, un régime affaibli qui modifie son comportement et cesse de soutenir les milices radicales serait un compromis acceptable, mais peu probable, surtout après l’accession au pouvoir de Mojtaba Khamenei, fils de l’ayatollah Ali Khamenei.


L’Iran

L’Iran souhaite l’arrêt des hostilités, mais pas à n’importe quel prix. Le pays dispose de la « patience stratégique » et de la géographie pour résister : la longue côte iranienne et le contrôle du détroit d’Hormuz, passage clé pour 20 % du pétrole mondial, lui offrent un avantage stratégique.

Téhéran réclame une garantie solide contre toute future attaque et des réparations pour les dommages subis. Pour l’IRGC et le gouvernement iranien, survivre au conflit suffira à présenter cette guerre comme une victoire.


Israël

Israël est le plus pressé de frapper fort : détruire les stocks de missiles, les dépôts, centres de commandement, radars et bases de l’IRGC. Ces actions visent à montrer que tout nouveau développement iranien sera coûteux. Les missiles et le programme nucléaire iranien représentent une menace existentielle pour l’État hébreu.


Les États du Golfe

Arabie Saoudite, Émirats, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman subissent désormais les frappes presque quotidiennes des drones et missiles iraniens. Même s’ils n’ont pas soutenu la guerre, ils se trouvent en première ligne. Pour ces États, la confiance avec Téhéran est rompue et les relations normales semblent impossibles à rétablir.


Rahim