Entre accalmie politique, discipline de parti et impact des infrastructures, le secrétaire départemental de Sinfra-Est livre une analyse sans détour Dans ce nouveau numéro de Face aux militants, la rédaction de RHDP 24 a reçu Drissa Bamba, secrétaire départemental de...

Entre accalmie politique, discipline de parti et impact des infrastructures, le secrétaire départemental de Sinfra-Est livre une analyse sans détour


Dans ce nouveau numéro de Face aux militants, la rédaction de RHDP 24 a reçu Drissa Bamba, secrétaire départemental de Sinfra-Est et coordonnateur régional adjoint du RHDP dans la Marahoué. Figure locale du parti, il revient sur la situation politique post-électorale, les défis de la discipline militante et l’impact des actions gouvernementales sur le terrain.


RHDP 24 :  Bamba Drissa, merci d'avoir accepté notre invitation pour ce numéro de Face aux militants du Quotidien RHDP 24. Bien avant tout, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

DRISSA BAMBA :  Merci beaucoup de l'opportunité que vous nous offrez pour nous exprimer sur l'actualité. Je suis Drissa Bamba, secrétaire départemental de Sinfra-Est, coordonnateur régional adjoint de la Marahoué . Et surtout, au niveau de Sinfra, je peux être considéré comme l'un des doyens du RHDP. Nous avons quatre départementaux, mais au niveau du département, je peux être considéré comme le responsable de ces quatre départementaux.


RHDP 24 :  Monsieur le secrétaire départemental de Sinfra, après les échéances présidentielles et législatives, on observe une relative accalmie politique. Quelle lecture faites-vous de cette situation actuelle ?


DRISSA BAMBA : Merci beaucoup. Effectivement, nous avons fini les élections présidentielles, puis les législatives. Des législatives où, sur huit postes de députés au niveau de la Marahoué, nous en avons eu six. Un poste a été remporté par un indépendant proche du RHDP, et puis à Bouaflé sous-préfecture, nous sommes encore un peu faibles. Je dirais que la lecture que nous pouvons faire, déjà au niveau de la Marahoué, c’est qu’avec notre coordonnateur régional, que je salue au passage, le ministre Koné Adama, il y a eu un bon maillage du territoire depuis la présidentielle. Nous n’avons pas eu de soubresauts dans notre région. La présidentielle donnait déjà un aperçu de ce qui allait se passer aux législatives. Et effectivement, aux législatives, partout nous avons gagné, avec de larges scores. À Sinfra par exemple, on a gagné avec plus de 52 %, et le suivant était à 20 et quelques pourcents. Nous étions douze candidats. À Bouaflé, le ministre aussi n’a pas fait dans la dentelle. À Sinfra sous-préfecture, le député Béma Coulibaly a également gagné largement. À Zuénoula, où nous avions quelques craintes, les équipes ont bien travaillé sur le terrain et nous avons largement gagné aussi. À Gohitafla, avec Jarvis, nous n’avons pas eu de problème. C’est au niveau de Zuénoula sous-préfecture que nous avons perdu face à un indépendant proche de nous. L’une de nos faiblesses dans la Marahoué reste Bouaflé sous-préfecture. Mais je tire mon chapeau à notre candidate, la jeune Flora Alomo. Elle a bataillé sur le terrain, et nous avons bon espoir que dans les années à venir, nous récupérerons ce poste.

Pour revenir à votre question, vous savez, à chaque échéance, il y a un peu de tension. C’est généralement lié aux élections. Après, il faut laisser le pouvoir travailler. Si vous êtes dans un pays où, tous les jours, on se bat politiquement, ceux qui sont en place travaillent comment ? Donc moi, je suis pour cette attitude. Après les élections, on critique l’action de ceux qui sont là, mais dans le calme. Celui qui est au pouvoir travaille, et demain vous pourrez encore juger ses actions. Sinon, il dira : « Pendant tout ce temps, je n’ai même pas pu travailler, vous attendez quoi de moi ? » Donc personnellement, je suis d’accord avec cette manière de faire la politique. Après les élections, il y a une certaine accalmie, mais elle concerne surtout les violences verbales. Les critiques politiques, elles, continuent.

RHDP 24 : D’accord. Donc faut-il en déduire que la violence verbale est liée aux échéances électorales ? Si oui, quelles solutions proposez-vous pour l’éviter ?


DRISSA BAMBA : Pour moi, la violence verbale est toujours liée aux élections. Maintenant, je pense qu’il faut éduquer les masses. Avant les élections, dans la Marahoué, les chefs traditionnels et le corps préfectoral ont multiplié les séances de sensibilisation. J’ai assisté à une réunion où un chef de tribu disait : « Celui qui n’est pas d’accord peut rester chez lui, c’est une forme de boycott, mais pas besoin de violence. » Il insistait aussi sur la nécessité d’éviter les propos excessifs. Cela a porté ses fruits. Dans la Marahoué, il y a eu moins de violence verbale. Si en 2020 nous étions à un niveau 3 sur une échelle de 1 à 5, en 2025 nous sommes descendus à 1.


RHDP 24 : Parlons maintenant de l’éducation politique et des influenceurs qui annoncent la mort de leaders politiques. Comment analysez-vous cela ?


DRISSA BAMBA : Il y a un vrai problème. Il existe deux types d’influenceurs. Certains restent sérieux, mais d’autres recherchent la visibilité à travers le sensationnel. Ils diffusent des intox parce qu’ils savent que cela attire des vues. Malheureusement, il y a une forte consommation du faux. Même quand la vérité est visible, certains préfèrent croire à l’intox. C’est un problème d’éducation à la base. Les réseaux sociaux ont aggravé la situation, mais ce phénomène existait déjà.


RHDP 24 : Le 3 avril, le RHDP a pris part à l’anniversaire du PDCI-RDA. Peut-on envisager une réunification de ces deux formations politiques se réclamant de l'houphoutisme ?


DRISSA BAMBA : Le PDCI fait partie de nous. Nous avons beaucoup de valeurs communes, notamment le libéralisme et la paix héritée de Félix Houphouët-Boigny. Une réunification totale sera difficile, mais cela reste un allié naturel.


RHDP 24 : Quelle lecture faites-vous des sanctions contre les candidatures indépendantes ?


DRISSA BAMBA : Je suis un militant discipliné. Si la direction avait été plus ferme dès 2011, nous n’aurions pas autant d’indépendants aujourd’hui. Les sanctions actuelles sont suivies. Mais le RHDP reste un parti de dialogue, d’où les suspensions et non des radiations.

RHDP 24 : Comment gérez-vous ces cas dans la Marahoué ?


DRISSA BAMBA : Nous privilégions la cohésion. Même sanctionnés, les militants restent les bienvenus pour travailler. Nous avons réussi à recoller les morceaux, et il n’y a pas de fracture majeure.


RHDP 24 : Êtes-vous satisfaits des résultats ?


DRISSA BAMBA : Globalement oui, même si Zuénoula sous-préfecture reste un regret. Mais nous restons confiants pour l’avenir.


RHDP 24 : Votre mot de fin ?


DRISSA BAMBA : Je remercie le coordonnateur régional, le ministre Koné Adama, pour son travail de rassemblement. Je remercie également le Président de la République pour les infrastructures réalisées : routes, eau, hôpitaux. Ces réalisations ont eu un impact concret sur les populations. Aujourd’hui, les localités sont reliées, les déplacements sont facilités, les villages sont électrifiés. Nous formulons toutefois des doléances, notamment la réalisation de la route Sinfra–Oumé, qui reste essentielle. Je vous remercie.


Interview réalisée par Thierry Adama