Lorsque Assalé Tiémoko depuis la France affirme « je n’ai pas peur de la prison », il instille un doute pernicieux en laissant penser que la parole peut conduire à l’enfermement en Côte d’Ivoire , ce qui fragilise l’image de la République.

Lorsque Assalé Tiémoko depuis la France affirme « je n’ai pas peur de la prison », il instille un doute pernicieux en laissant penser que la parole peut conduire à l’enfermement en Côte d’Ivoire , ce qui fragilise l’image de la République.

Pourtant, depuis 2011 comme aujourd’hui, il a largement exercé la critique, parfois avec vigueur, sans être empêché de s’exprimer ni de mener ses activités politiques. C’est d’ailleurs cette liberté de parole qui a construit sa notoriété et son engagement.
Dès lors, faut-il faire croire que cette parole est désormais menacée ? Ou reconnaître que la liberté d’expression en Côte d’Ivoire, bien que exigeante, reste une réalité pleinement effective dans le cadre républicain ?

La République n’est pas une tempête

La République ivoirienne n’est pas une machine emportée par la colère. 
Elle ne traque pas les opinions, elle encadre les excès. Elle ne condamne pas les idées, mais les dérives qui blessent l’ordre commun.

La République de Côte d’Ivoire repose sur une ligne de crête exigeante : la parole est libre, mais elle ne saurait se substituer à la preuve. La critique est légitime, mais elle ne doit jamais glisser vers la diffamation.

Quand les mots blessent plus qu’ils n’éveillent

Parler d’écoles sans bancs ni toitures « à travers le pays », c’est toucher une corde sensible : susciter l’indignation sans les nommer, sans les situer, ni en prouver l’existence.
En ce moment, la parole entretient la confusion.
Or, un peuple n’a pas seulement besoin d’émotion. Il a besoin de vérité. Et la vérité repose sur des faits précis, des preuves. 

Le peuple n’attend plus des cris, mais des preuves

Les Ivoiriens ont changé. Ils ne veulent plus des récits approximatifs, ni des légendes commodes. Ils attendent qu’on leur montre, qu’on leur démontre, qu’on leur prouve.
Un exemple précis vaut mille accusations générales. Une vérité localisée pèse plus lourd qu’un discours qui flotte.

L’exigence du miroir personnel 

Assalé Tiémoko, qui parle au nom du peuple, doit aussi accepter le regard du peuple.
Dénoncer les dépenses de certains candidats de 400 millions FCA en campagne, impose une exigence de rigueur envers soi-même.

Sa gestion communale, ainsi que ses relations avec le directeur des collectivités locales, constituent des sujets d’interrogation légitime, d’autant qu’il a été distingué à deux reprises comme meilleure commune, mais à quel prix par cette institution ?
Par quels mécanismes les dépenses excessives en carburant, tant au niveau de la commune que durant la campagne électorale précédente , sont-elles financées ? Nous l’affirmons :
Non pour accuser,
mais pour comprendre.
Non pour l’abattre,
mais pour exiger la cohérence et éclairer le fondement de sa posture.

la responsabilité de la parole

La politique n’est pas seulement un espace de dénonciation, c’est une responsabilité.
Les mots, une fois lancés dans l’espace public, ne s’effacent pas : ils construisent ou ils abîment. 
La morale se joue alors sur des questions de millimètres , la gouvernance locale des finances publiques, où la proximité avec un décideur peut parfois peser davantage que les montants que l’on dénonce chez les autres.

Dr. Kalilou Coulibaly