Après une longue période de tensions et de divisions internes, la communauté Tagbana de Bouaké retrouve enfin le chemin de l’unité.


Après une longue période de tensions et de divisions internes, la communauté Tagbana de Bouaké retrouve enfin le chemin de l’unité. Une issue heureuse rendue possible grâce à la médiation du Député-Maire de Katiola, Thomas Camara, dont l’implication a permis de réconcilier les différentes parties en conflit.

Depuis le décès du chef central André Tamikolo en mai 2022, la succession à la tête de la communauté, composée majoritairement de ressortissants de Katiola et de Niakara, avait ouvert une crise profonde. Le choix porté sur Ouattara Nalourou avait en effet suscité des contestations, divisant la communauté en deux blocs opposés, nourrissant méfiance et incompréhensions.

Face à cette situation préoccupante, le Député-Maire de Bouaké et Ministre des Transports, Amadou Koné, a initié une démarche de médiation en sollicitant l’expertise de Thomas Camara. S’en sont suivies plusieurs rencontres et consultations, d’abord à Katiola, puis à Bouaké, impliquant l’ensemble des composantes de la communauté : chefferie, sages, bureau exécutif, femmes et jeunes.

Au terme de discussions longues et parfois délicates, un consensus a été trouvé lors des rencontres tenues les 13 et 14 avril. L’accord entérine la reconnaissance de Ouattara Nalourou comme chef central pour un mandat de cinq ans, désormais accepté par tous. Il prévoit également un principe de rotation de la chefferie entre les ressortissants de Katiola, de Niakara et du quartier Djamourou, considéré comme le berceau de la communauté Tagbana à Bouaké.

Dans une dynamique de réorganisation, le bureau exécutif, dirigé par Adolphe Méhanri Touré, reprend ses fonctions, tandis que le conseil des sages est restructuré. Les femmes et les jeunes, quant à eux, seront désormais organisés en associations formelles, dotées de statuts propres.

La présentation officielle de cet accord s’est tenue à l’Hôtel du Stade de Bouaké, en présence des autorités politiques et d’une forte mobilisation des membres de la communauté. Toutes les parties ont salué la qualité de la médiation et pris l’engagement de préserver cette unité retrouvée.

Pour Amadou Koné, cette réconciliation marque une étape essentielle pour renforcer la cohésion sociale et favoriser une meilleure participation de la communauté Tagbana à la vie locale. De son côté, Thomas Camara a exprimé sa gratitude pour la confiance placée en lui, tout en appelant à consolider durablement la paix retrouvée.

Au-delà de la résolution d’un différend, cette médiation illustre le rôle clé du dialogue et du leadership dans la consolidation du vivre-ensemble, socle indispensable au développement harmonieux des communautés.


Arouna OUATTARA