Il y a des trajectoires individuelles qui racontent une dynamique collective et une transmission générationnelle en marche. L’accession d’Awassa Abdul à l’Assemblée nationale en fait partie. Mais il n’est pas seul.

Il y a des trajectoires individuelles qui racontent une dynamique collective et une transmission générationnelle en marche. L’accession d’Awassa Abdul à l’Assemblée nationale en fait partie. Mais il n’est pas seul. À ses côtés, Soumahoro Ben Mamadi, coordinateur UJ-RHDP de Yopougon, et Koné Hamed, coordinateur UJ-RHDP d’Abobo, siègent également à l’hémicycle. Trois profils, trois territoires et une même matrice, celle de l’engagement militant comme école de gouvernance.

Vice-président du Bureau Exécutif National de l’UJ-RHDP chargé de la mobilisation et coordinateur régional dans l’Iffou, Awassa Abdul franchit une étape décisive ; celle de la représentation nationale. Homme de terrain, il a construit son ascension dans la proximité avec les bases. Sa présence au Parlement est l’aboutissement d’un travail patient. C’est une victoire militante avant d’être personnelle.

Le 12 février, dans un message adressé aux militants et sympathisants, il a lui-même donné le ton. « Appelé à siéger à l’Assemblée nationale pour porter votre voix, je mesure pleinement la responsabilité qui m’est confiée. Cette étape est avant tout votre victoire », dit-il.

Au-delà d’un succès individuel, l’entrée d’Awassa Abdul au Parlement incarne la montée en puissance d’une jeunesse politique formée et disciplinée. Le 15 janvier dernier, le Président Koné Mamadou recevait le jeune cadre fraîchement élu député suppléant de Prikro à l’issue des législatives du 27 décembre 2025. Les mots employés relevaient d’une reconnaissance politique assumée. « J’ai tenu à le féliciter pour le travail remarquable abattu sur le terrain et l’engagement constant. Je lui ai également transmis, au nom du Bureau Exécutif National de l’UJ-RHDP et en mon nom propre, nos sincères félicitations et nos encouragements pour la suite de sa mission au service du parti et de la Nation », indiquait-il.

Mais le signal est plus large. À Yopougon, l’un des plus grands bastions urbains du pays, Soumahoro Ben Mamadi a fait de la mobilisation une méthode et de l’encadrement des jeunes un levier d’ancrage politique. À Abobo, Koné Hamed a structuré une dynamique militante fondée sur la discipline organisationnelle et la proximité sociale. Leur présence à l’Assemblée nationale n’est donc pas le fruit du hasard ; elle est la traduction institutionnelle d’un travail de terrain.

Qu’on se le tienne pour dit. L’UJ-RHDP est devenue un espace de préparation à la gouvernance. L’entrée simultanée de ces jeunes responsables à l’hémicycle matérialise ce que le Président Alassane Ouattara appelle le mandat de la transmission générationnelle. Il s’agit d’une orientation stratégique qui consiste à faire émerger une nouvelle élite fondée sur la compétence, l’intégrité et le service public.

Ce passage du militantisme jeune à la responsabilité parlementaire vaut également pour Soumahoro Ben Mamadi et Koné Hamed. Tous les trois franchissent un seuil. Celui où l’énergie militante doit se conjuguer avec l’exigence républicaine, où la ferveur de terrain doit s’adosser à la rigueur législative.

Au-delà des individus, leur présence à l’hémicycle porte un message politique d’espoir. Le RHDP est un parti qui investit sa jeunesse, la forme et la responsabilise. La transmission générationnelle prend ici un visage concret. Elle consiste à préparer l’avenir en intégrant progressivement de nouveaux profils aux responsabilités nationales.

L’hémicycle ivoirien accueille ainsi des élus forgés dans l’engagement militant et désormais appelés à la hauteur institutionnelle. Le défi est grand, mais la promesse est réelle. Le travail, en effet, continue.

Par Dr. Dégnimani Yéo