Le vendredi 13 mars, la Grande Chancelière honoraire de l’Ordre national, Henriette Dagri Diabaté, a célébré ses 91 ans.
Le vendredi 13 mars, la Grande Chancelière honoraire de l’Ordre national, Henriette Dagri Diabaté, a célébré ses 91 ans. À cette occasion, la rédaction de RHDP 24 rend un hommage appuyé à une femme dont le parcours incarne la fidélité, la constance, la loyauté et la conviction dans l’engagement politique.
Henriette Dagri Diabaté appartient à cette génération de responsables publics qui ont choisi la politique comme un service rendu à la nation. L’intellectuelle formée à la Sorbonne Université, en France, revient ensuite en Côte d’Ivoire avec une ambition claire : contribuer au développement de son pays.
En 1990 s’ouvre une nouvelle page politique. Le multipartisme s’installe progressivement en Côte d’Ivoire. En 1993, le père fondateur Félix Houphouët-Boigny disparaît. Dans ce contexte politique sensible, un homme cristallise les débats : Alassane Ouattara. L’ancien Premier ministre devient la cible d’attaques politiques et identitaires. Plusieurs responsables préfèrent alors garder leurs distances. Henriette Dagri Diabaté, elle, fait le choix de la conviction.
Le 27 septembre 1994, le Rassemblement des Républicains (RDR) voit le jour dans un climat politique tendu. Le parti devient rapidement l’une des principales forces de l’opposition ivoirienne. Henriette Dagri Diabaté y joue un rôle central. Elle devient Secrétaire nationale aux Relations extérieures de 1995 à 1998, puis Secrétaire générale adjointe entre mars et octobre 1998. En janvier 1999, elle est nommée Secrétaire générale du parti.
La loyauté de cette femme de conviction se manifeste surtout dans les moments difficiles. Le 27 octobre 1999, le RDR organise des manifestations pour dénoncer la caporalisation des médias d’État et le harcèlement politique visant son leader, Dr Alassane Ouattara. Les autorités répriment le mouvement. Plusieurs responsables du parti sont arrêtés. Henriette Dagri Diabaté figure parmi eux. Le 10 novembre 1999, la justice la condamne à deux ans de prison, tout comme ses codétenus politiques. Elle est incarcérée à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Les conditions de détention sont difficiles. Elle est la seule femme parmi les responsables du parti emprisonnés. L’épreuve est rude. Mais elle garde la tête haute. Cette période révèle une personnalité forte. Elle met également en lumière la profondeur de son engagement politique. Sa détention prend fin après le coup d’État de décembre 1999, qui renverse le président Henri Konan Bédié. Les prisonniers politiques retrouvent alors la liberté.
Henriette Dagri Diabaté reprend aussitôt le combat politique. Elle rejoint le gouvernement de transition dirigé par le général Robert Guéï. En 2000, elle occupe le poste de ministre de la Culture et de la Francophonie. Mais sa fidélité aux principes démocratiques reste intacte. Lorsque les engagements en faveur de la démocratie ne sont plus respectés, elle choisit la cohérence et quitte le gouvernement.
Les années suivantes restent marquées par de fortes tensions politiques. Pourtant, elle ne renonce jamais à ses convictions. En 2003, dans le cadre du gouvernement de réconciliation nationale sous la présidence de Laurent Gbagbo, elle devient ministre d’État, garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Cette nomination marque une étape historique. Elle devient la première femme à occuper ce rang dans l’histoire politique ivoirienne. Elle ouvre ainsi la voie à de nombreuses femmes dans les hautes fonctions de l’État.
Parallèlement, l’opposition politique se réorganise. Plusieurs partis, se réclamant de la philosophie houphouetistes, décident d’unir leurs forces. Cette alliance donne naissance au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le 18 mai 2005 à Paris. Henriette Dagri Diabaté participe activement à cette dynamique politique.
Lorsque, Alassane Ouattara accède finalement à la magistrature suprême après la présidentielle de 2010, la République reconnaît le parcours et la fidélité de cette militante de la première heure. Le 18 mai 2011, elle est nommée Grande Chancelière de l’Ordre national de Côte d’Ivoire. Elle devient ainsi la première femme à occuper cette prestigieuse fonction.
En septembre 2017, lors du troisième congrès du RDR, Le Président Alassane Ouattara lui confie la présidence du parti. Ce geste consacre la confiance politique entre les deux personnalités.
En 2023, Henriette Dagri Diabaté transmet le flambeau de la Grande Chancellerie à Ally Coulibaly. Elle devient Grande Chancelière honoraire. La République salue ainsi une carrière exceptionnelle.
Aujourd’hui, à 91 ans, Henriette Dagri Diabaté demeure une figure morale de la vie politique ivoirienne. Son parcours raconte l’histoire d’une femme qui a choisi la loyauté plutôt que l’opportunisme, la conviction plutôt que la facilité.
En reconnaissance de ce parcours inspirant, les cadres du parti au pouvoir lui ont rendu un vibrant hommage, saluant en elle une véritable mémoire vivante de la marche vers la démocratie en Côte d’Ivoire, ce vendredi 13 mars 2026, à son domicile. Des prières ont été élevées afin que Dieu lui accorde longévité et santé.
La rédaction de RHDP 24 salue en elle une légende vivante de la loyauté politique. Son itinéraire rappelle qu’en politique, la constance et la fidélité à une vision peuvent traverser les tempêtes et finir par écrire l’histoire d’une nation.
Thierry Adama,
La plume militante du RHDP
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