L’Intelligent TV a reçu ce mercredi Imbassou Abbas Ouattara, conseiller du Secrétaire Exécutif du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), pour un entretien politique animé par Ibrahim Kalil Koné. Au cœur des discussions : l’incertitude autour d’une éventuelle candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025, la discipline du parti, et les tensions internes à l’opposition.

Interrogé sur le délai pris par le Président Alassane Ouattara pour répondre à l’appel de ses partisans – lancé lors du congrès du RHDP le 22 juin au stade d’Ebimpé –, Imbassou Abbas Ouattara a balayé toute idée de blocage. « Rien ne coince, rien ne retient le président », a-t-il affirmé, rappelant que le chef de l’État avait simplement demandé du temps pour « une mûre réflexion ».

« La Côte d’Ivoire cristallise beaucoup de passions. Nous sommes dans un contexte international et national qui exige de la prudence », a-t-il justifié, soulignant que le Président Ouattara, « habitué à la planification », prendrait sa décision en temps voulu.

Face aux critiques sur un éventuel quatrième mandat, Imbassou Abbas Ouattara a défendu une lecture stricte de la Constitution de 2016 : « Les compteurs ont été remis à zéro. Nous parlons d’un deuxième mandat de la Troisième République, pas d’un quatrième au sens arithmétique. »

Il a également rappelé que la validation finale revenait au Conseil Constitutionnel, rejetant toute polémique prématurée.

Contrairement à l’opposition, où certains partis peinent à désigner un candidat unique, le RHDP affiche une unité sans faille derrière le Président Alassane Ouattara. Interrogé sur d’éventuels candidats alternatifs – comme Adama Bictogo, Cissé Bacongo ou Téné Birahima Ouattara –, Imbassou Abbas Ouattara a martelé : « Le congrès a choisi Alassane Ouattara. Point. Nous sommes disciplinés. »

Il a aussi réfuté toute analogie avec le Sénégal, où un report de candidature avait eu lieu en 2024 : « Personne au RHDP n’a demandé à l’opposition d’avoir un plan B. Notre seul souci, c’est notre candidat. »

L’échange s’est enflammé lorsque Kalil Koné a évoqué l’ancien président Laurent Gbagbo. Pour Imbassou Abbas Ouattara, « le seul souvenir de sa gouvernance, c’est la division, les morts et une Côte d’Ivoire coupée en trois zones ». Une critique cinglante qui reflète les rancœurs persistantes de la crise post-électorale de 2010-2011.

Alors que la date du 6 août – traditionnelle allocution présidentielle à la veille de la fête nationale – est scrutée, Imbassou Abbas Ouattara reste évasif : « Ça peut être le 6 août, avant ou après. Le président parlera quand il le faut. »

Une chose est sûre : le RHDP, sûr de sa force, attend patiemment le feu vert de son leader. L’opposition, elle, devra composer avec un calendrier de plus en plus serré.

 

Thierry ADAMA

 

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