Radio Côte d’Ivoire reçoit Roger Félix ADOM, cadre du RHDP, pour une interview exclusive sur l’actualité sociopolitique brûlante. Au cœur des débats : les préparatifs du deuxième congrès ordinaire du parti, un événement clé dans la consolidation de l’unité du RHDP et la définition des orientations stratégiques en vue de la présidentielle 2025. Le Ministre revient sur les enjeux internes comme externes, les attentes des militants et la vision du RHDP pour l’avenir du pays. Une occasion pour faire le point sur les ambitions, les défis et les certitudes du parti au pouvoir. Interview….

 

Jérôme : Monsieur le ministre Roger Félix ADOM, bonjour.

Roger Félix ADOM : Bonjour Jérôme.

Jérôme : Vous êtes cadre du RHDP, vous êtes sur le terrain. Monsieur le ministre, vous le savez comme nous aussi que l’actualité politique s’anime ces derniers temps à l’approche de la présidentielle prochaine. Quel est votre regard sur cette atmosphère politique en Côte d’Ivoire ?

Roger Félix ADOM : C’est toujours un plaisir pour moi d’être sur Radio Côte d’Ivoire. C’est vrai que à l’approche de la présidentielle, l’actualité politique s’anime. J’ai bien dit de l’animation. Pour moi ce ne sont pas des tensions, c’est de l’animation. Donc chaque camp veut montrer son savoir-faire, veut montrer son activité, veut toucher la population. Une chose qui est normale puisque les élections présidentielles, c’est un événement majeur, c’est ce qui guide la vie politique de notre pays pendant les 5 prochaines années à venir. Il est donc normal que chacun soit sur le terrain, aussi bien sur le terrain médiatique que sur le terrain politique pour justement discuter avec les Ivoiriens et les Ivoiriennes, prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale et justement pour montrer son savoir-faire et que les Ivoiriens devront choisir ensuite.

Jérôme : Et dans cette atmosphère là, l’opposition qui donne beaucoup plus de la voix, demande la dissolution de la Commission électorale indépendante. L’opposition demande un certain nombre de choses et c’est pour cela que cette opposition réclame un dialogue politique. Ce n’est pas normal ?

Roger Félix ADOM : Pour moi, ce n’est pas normal. Déjà ce qu’il faut voir, c’est que depuis 2011, il y a eu cinq dialogues politiques. Le premier dialogue politique 2011-2012, c’est un dialogue politique suite à la crise post-électorale pour faire la réconciliation. Donc ça a été fait. En 2015, il y a eu un dialogue politique pour justement préparer les élections de 2015. Ça a été fait. En 2019, il y a eu un dialogue politique qui avait l’objet principal de réformer la CEI. Donc la CEI a été réformée et tous les partis politiques majeurs qui ont une représentation nationale sont membres de la CEI. En 2020, il y a eu un dialogue politique à plusieurs niveaux, d’abord un pour le code électoral et puis ensuite pour qu’on puisse avoir des élections apaisées. Donc il y a eu différents dialogues politiques. Le dernier dialogue politique 2021-2022 a permis justement de pouvoir se mettre encore d’accord et puis finaliser la composition de la CEI. Donc il y a eu plusieurs dialogues politiques. Je ne vois pas pour quelle raison, en tout cas, là vraiment je parle à titre personnel, je ne porte pas la voix du RHDP, pour quelle raison on ferait de nouveau un dialogue politique ? C’est vrai que c’est toujours intéressant de dialoguer, de discuter, mais la Côte d’Ivoire est un pays de dialogue. Le RHDP est un parti de dialogue, mais il n’y a pas de sujet qui nous oblige aujourd’hui à dialoguer. Il y en a qui vont me dire oui, deux partis politiques sont sortis de la CEI. Ceux qui ont voulu sortir, il n’y a aucune raison pour qu’ils sortent. Quand la CEI a été réformée en 2019, il y a eu quatre élections : les présidentielles qui se sont bien passées malgré le climat politique tendu, les législatives de 2021 qui se sont bien passées, les élections locales couplées municipales et régionales de 2023 et les sénatoriales ensuite. La CEI a bien travaillé. Il n’y a donc aucune raison de remettre en cause son mode de fonctionnement parce que la CEI travaille bien. Je ne suis pas son porte-parole, loin de là, mais c’est ce qu’on constate. Pour nous, il n’y a pas de raison de faire un dialogue, de la réformer. Le FPI avait signé un accord avec le RHDP, un accord pour la concorde, pour la démocratie, pour la paix. Ils ont décidé, il y a quelques mois d’arrêter le dialogue. Nous et le FPI, on signe un contrat de dialogue qui n’est pas forcément qu’un accord électoral pour discuter pour la concorde et pour la paix, ils décident d’arrêter ce partenariat. Et puis ils nous disent revenez on va dialoguer. Il fallait qu’ils arrêtent le partenariat pour qu’on continue de dialoguer. Dialoguer, c’est toujours intéressant, mais je pense qu’il y ait matière. Il ne faut pas que nous ayons qu’une vue électoraliste, il faut surtout que nous œuvrions pour le bien-être des Ivoiriens et des Ivoiriennes.

Jérôme : Vous le disiez tantôt Monsieur le Ministre, le dernier dialogue politique date de 2021-2022, ça date tout de même, nous sommes dans le pays de Félix Houphouët-Boigny, pays de dialogue. Est-ce qu’on ne devrait pas continuer de se parler d’autant plus que l’opposition dit c’est le gouvernement qui ne veut pas discuter ?

Roger Félix ADOM : Non mais on est avant tout un pays démocratique. À l’époque du président Félix Houphouët-Boigny, de 1960 à 1990, on était dans un cadre de parti unique. Donc le dialogue se faisait à l’intérieur du parti. C’était un parti État. 90-93, il y a eu le multipartisme. Aujourd’hui, quand on arrive dans un multipartisme, quand on fait une démocratie, c’est l’électeur qui vote et puis qui est représenté à l’Assemblée nationale et au Sénat. Donc tous les partis significatifs ont des représentants. Voilà, on peut continuer de dialoguer s’il y a des sujets impérieux comme il y en a eu après la crise post-électorale en 2011-2012, mais aujourd’hui, faisons confiance aux institutions. Les institutions fonctionnent, faisons confiance aux institutions.

Jérôme : Quelques grands leaders ne sont plus sur la liste électorale. Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro, ce ne sont pas des sujets importants pour lesquels il faut s’asseoir pour parler ?

Roger Félix ADOM : Ce sont des sujets sur lesquels on discute depuis longtemps. Le président Gbagbo, pour commencer par lui, a été condamné. Il est rentré. Depuis qu’il est rentré en Côte d’Ivoire, ça fait un peu plus de 3 ans, il n’a pas été inquiété. Il vaque à ses occupations, il joue son rôle de président de son parti et aussi son rôle d’ancien président de la République et il a une grâce présidentielle qui lui a été signée par le Président de la République Alassane Ouattara. Ça c’est un fait. Blé Goudé, c’est un peu la même chose. Guillaume Soro, il est en exil, mais s’il ne rentre pas, je ne pense pas que ce soit le fait du RHDP, du Président de la République et du gouvernement. Maintenant quand on prend Tidjane Thiam, bon il est rentré, il a commencé à faire des activités politiques. Il s’est avéré que sur sa nationalité, il s’est mélangé les pinceaux. Ce n’est pas la faute du RHDP. Je pense que quelque part, il ne faut pas que les hommes politiques prennent en otage la population. Ce n’est pas parce que quatre personnes ont des difficultés, ont des problèmes que toute la Côte d’Ivoire doit être pendue à cela. Nous, on aurait aimé qu’il n’y ait pas de problème. Le président Affi N’Guessan n’a pas de difficulté, président du FPI, Affi N’Guessan. Madame Simone Gbagbo n’a pas de difficulté. Elle est sur la liste électorale. Comme ils ont des alliances, mais qu’ils choisissent parmi eux quelqu’un qui peut les représenter.

Jérôme : Cela dit, le RHDP, votre parti, reste ouvert au dialogue ?

Roger Félix ADOM : Nous sommes un parti de dialogue. Nous sommes le seul parti en Côte d’Ivoire qui a aujourd’hui les valeurs de l’Houphouëtisme. Nous sommes un rassemblement pour la démocratie, pour la paix. Ça, on l’affirme vraiment avec force. On peut dialoguer, mais on n’aime pas les dialogues inutiles. Et surtout, on ne veut pas qu’il y ait des apprentis sorciers qui génèrent une crise, derrière faire un dialogue. Donc voilà, faisons fonctionner le jeu démocratique. La démocratie, c’est la loi pas du plus fort, mais du plus nombreux. Nous sommes aujourd’hui les plus nombreux en termes de nombre de votes. On l’a démontré sur toutes les élections depuis 2011. Nous sommes persuadés qu’en 2025, on va le démontrer encore. Et puis je tiens à préciser une chose que peut-être beaucoup de gens oublient, c’est que depuis 2001, toutes les coalitions que le Président Alassane Ouattara a dirigées, a gagné les élections. 2001 les municipales, 2002 les départementales et puis après, je ne vais pas répéter le reste. Mais voilà, nous on est confiant. Nous avons, nous sommes un parti organisé avec un Président organisé et structuré qui sait gagner des élections.

Jérôme : Au RHDP, vous ne perdez pas de vue l’essentiel, c’est la présidentielle prochaine. Un congrès d’ailleurs convoqué pour le mois de juin prochain. À ce congrès là, vous désignerez votre candidat et pour vous Roger Félix ADOM, vous le dites si bien, le meilleur candidat pour nous, c’est Alassane Ouattara, il a le meilleur profil, pourquoi ?

Roger Félix ADOM : Oui tout à fait. Bon déjà le Président Ouattara, depuis 2011, je ne pense pas, que je vais pas répéter tout ce qu’il fait de bien. Aujourd’hui, le Président, pour nous, l’assurance tous risques. Depuis 14 ans, il œuvre chaque jour pour faire de la Côte d’Ivoire une grande nation, déjà dans la sous-région et puis au niveau mondial. Ça c’est le premier point. Il faut quand même une certaine continuité, une certaine stabilité. Pourquoi ? On a subi depuis 2020 le Covid, la guerre en Ukraine, la crise au Moyen-Orient. Tout ceci fait que l’environnement international est relativement mouvant. On a aussi le terrorisme qui est à nos portes. Et donc pour nous, il est impératif et impérieux que le Président Alassane Ouattara soit de nouveau notre candidat et surtout qu’il remporte l’élection présidentielle largement au premier tour.

Jérôme : Vous êtes convaincu qu’il sera plébiscité au soir du congrès à venir ?

Roger Félix ADOM : Pour le congrès, ce qu’il faut dire aussi, c’est que le congrès, on doit aussi élire le nouveau président du parti, désigner ou élire notre candidat et on espère que le Président Alassane Ouattara sera de nouveau président du RHDP et encore candidat du RHDP à l’élection présidentielle. Et après ça, nous sommes persuadés que 2025-2030 sera une belle mandature parce que justement, il a fixé les bases de la réussite qui vont faire de la Côte d’Ivoire une nation émergente.

Jérome : Monsieur le Ministre, est-ce qu’à l’heure qu’on est, on peut dire aux militants du RHDP d’être sereins ?

Roger Félix ADOM : Les pré-congrès commencent dès ce week-end, mais je suis persuadé que le congrès désignera le Président Alassane Ouattara comme candidat. Je pense, mais on verra, je ne vais pas me faire le porte-voix de tous les militants du RHDP dans le congrès. Mais oui, je pense qu’on peut être serein, on a un bon candidat, on a un bon parti, on a un bon programme. Donc on peut être serein. Et puis après, je suis d’accord qu’il y a une opposition qui existe. C’est le jeu de la démocratie. Il faut l’écouter, il faut la respecter, mais surtout ce qui est important pour nous, c’est que on est persuadé que si le Président Alassane Ouattara est notre candidat, nous allons gagner largement.

Jérôme : Le Président Alassane Ouattara l’a répété encore dernièrement à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Il faut privilégier au-delà de tout, l’intérêt national. Partis politiques ivoiriens, tous, on devrait comprendre ce message ?

Roger Félix ADOM : Oui, mais l’intérêt national, justement, ce n’est pas l’intérêt de particuliers. Ce n’est pas le cas de trois ou quatre personnes isolées qui ont des difficultés. L’intérêt national, c’est la Côte d’Ivoire, 30 millions d’habitants, un beau pays, le président Félix Houphouët-Boigny, le président Alassane Ouattara aujourd’hui. Et ces valeurs de démocratie, d’union, de discipline et de travail doivent demeurer. Et je pense, je pense que nous sommes nombreux à le penser, pas seulement au RHDP, mais au niveau de la population ivoirienne, que le président Alassane Ouattara incarne cela, incarne ces valeurs de sérieux, de discipline. Voilà, incarne ces valeurs de réussite. Et nous voulons vraiment continuer avec lui.

Jérome : Roger Félix ADOM, hier ministre, vous étiez encore directeur de cabinet du secrétaire exécutif du RHDP. Votre prochaine mission, c’est laquelle ?

Roger Félix ADOM : Moi, je suis à la disposition de la Côte d’Ivoire, à la disposition du RHDP, à la disposition du Président Alassane Ouattara. Et puis toute fonction qui me sera proposée sera acceptée et puis s’il n’y a pas de fonction, mais la vie continue. Le plus important, c’est la Côte d’Ivoire. L’intérêt collectif avant l’intérêt individuel.

Jérome : Roger Félix ADOM, cadre du RHDP, ancien ministre de la Modernisation de l’Administration ivoirienne, c’est bien cela ?

Roger Félix ADOM : Et de l’économie numérique aussi.

Jérôme : Et de l’économie numérique.

Roger Félix ADOM : Oui, il s’agit de deux fonctions.

Jérôme : Merci d’être passé sur notre plateau.

Roger Félix ADOM: Avec plaisir..

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